A quelques jours des élections pour désigner la constituante tunisienne, Nessma TV avait non sans fierté diffusé un film à caractère blasphématoire à l’égard de l’Islam « Persepolis ». Traduit pour l’occasion en dialecte Tunisien , il avait très largement suscité la controverse car il mettait en scène « Dieu » représenté par un vieil homme barbu. Or en Islam, toute représentation imagée ou personnifiée d’Allah, de Ses Anges, et de Ses Messagers et Prophètes est interdite.
Plusieurs centaines de Tunisiens s’étaient alors rendus devant le siège de la chaîne Nessma TV pour protester contre la diffusion du film d’animation. Des dizaines d’avocats avaient par ailleurs entamé une action en justice contre le directeur de la chaîne qui face aux protestations croissantes et au mécontentement de l’opinion publique, a fini par présenter ses excuses.
Au micro de la radio locale Monastir il déclarait alors : « Je m’excuse. Je suis désolé pour tous les gens qui ont été dérangés par cette séquence, qui me heurte moi-même… Je considère qu’avoir diffusé cette séquence est une faute ».
Jeudi 03 mai, le tribunal de Tunis a donc condamné Nabil Karoui patron de la chaîne Nessma TV à s’acquitter d’une amande de 2.400 dinars (1.300 euros environ). La justice Tunisienne lui reproche d’avoir diffuser au public un film troublant l’ordre public et portant atteinte aux bonnes mœurs. Un responsable de la production et un technicien de la chaîne ont également été condamné à verser 1200 dinars chacun (650 euros).
L’acquittement demandé par les avocats et les organisations de défense de la liberté de la presse et des droits de l’homme a été refusé tout comme la peine prison réclamée par les avocats ayant assigné Nessma TV en justice.
Une décision jugée par certains trop sévère, pour d’autres trop clémente.
Source: Ajib