Les Etats-Unis vont prochainement reprendre leurs ventes d'armes à Bahreïn en dépit des inquiétudes sur la situation des droits de l'homme et du mouvement de contestation contre la monarchie sunnite des Khalifa, a annoncé vendredi le département d'Etat.
"Nous avons pris la décision de débloquer des équipements supplémentaires à Bahreïn en gardant à l'esprit le fait qu'il reste un certain nombre de graves questions liées aux droits de l'homme que le gouvernement de Bahreïn doit traiter", écrit le département d'Etat.
L'île-Etat de Bahreïn, qui abrite le QG de la Ve Flotte américaine, a vécu au printemps 2011 un vaste mouvement de contestation inspiré du "printemps arabe" qui a été brutalement réprimé.
La majorité chiite du royaume, qui continue de manifester sur une base quasi quotidienne, dénonce les discriminations dont elle se dit victime de la part du pouvoir, issu de la minorité sunnite du pays.
Dans un communiqué, le sénateur démocrate Patrick Leahy estime qu'en dépit des précautions prises, la reprise de ventes d'armes à Bahreïn "adresse un mauvais signal".
"Le gouvernement de Bahreïn ne respecte toujours pas les revendications légitimes du peuple bahreïni pas plus qu'il n'a établi les responsabilités parmi ses propres officiers de police ou de l'armée pour les arrestations, les tortures et les meurtres de manifestants bahreïnis", ajoute-t-il.
Mme Nuland a indiqué que le gouvernement américain était «soucieux!» de la situation des droits de la personne à Bahreïn et qu’il continuait de bloquer les livraisons de certaines armes comme les missiles antichar et les véhicules Humvee. Elle a assuré que les armes livrées au royaume ne servaient pas à contrôler les foules!
Cette annonce survient après des rencontres, cette semaine à Washington, entre le vice-président Joe Biden, la secrétaire d’État Hillary Clinton et le prince héritier de Bahreïn, Salman ben Hamad al-Khalifa.
Vendredi, la police antiémeute bahreïnienne a tiré des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes après un rassemblement d’opposants qui demandaient la libération de militants pro-démocratie détenus, selon des témoins.
Au moins 50 personnes ont été tuées à Bahreïn depuis le début du soulèvement populaire, en février 2011.
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