Selon l’Agence Internationale de Presse Coranique(IQNA) citant akhbar Mesr, des milliers de manifestants restaient rassemblés vendredi place Tahrir, au Caire, à l'appel essentiellement des Frères musulmans, dans l'attente fiévreuse des résultats de l'élection présidentielle, cinq jours après la fin des opérations de vote.
Sous une chaleur torride, des milliers de personnes étaient rassemblées depuis le matin sur la place Tahrir, brandissant des drapeaux égyptiens, des portraits de M. Morsi et scandant "A bas l'armée", pour ce "vendredi du retour à la légalité".
Réunie à l'appel des Frères musulmans, qui revendiquent la victoire de leur candidat Mohamed Morsi, la foule d’Egyptiens présente sur la place Tahrir chantait des slogans pour dénoncer le report de l'annonce des résultats. Ce report est perçu comme une manœuvre de l'armée pour tenter de conserver le pouvoir après avoir poussé Hosni Moubarak vers la sortie face à la pression de la rue.
Les manifestants exigent aussi l'abrogation de la déclaration constitutionnelle effectuée dimanche, en plein dépouillement du vote, par le Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui dirige le processus de transition depuis le renversement d'Hosni Moubarak en février 2011. Ce texte donne provisoirement aux généraux le pouvoir législatif et dépouille le futur chef de l'Etat de quasiment toute prérogative.
Dans un communiqué lu vendredi à la télévision nationale, le CSFA a exclu de revenir sur sa décision, "requise par le besoin d'administrer les affaires de l'Etat durant cette période critique dans l'histoire de notre nation".
La confrérie "n'envisage aucune confrontation ou violence. Tout cela relève de la rumeur", a déclaré en conférence de presse M. Morsi, qui a revendiqué la victoire, tout comme son rival Ahmad Chafiq, ancien Premier ministre de Hosni Moubarak, après le second tour qui s'est tenu les 16 et 17 juin.
"Nous n'avons pas de problème avec les forces armées, même si celles-ci ont commis ces derniers jours des erreurs", a assuré M. Morsi, tout en mettant en garde contre une falsification des résultats du scrutin, dont les résultats officiels n'ont toujours pas été annoncés.
Jeudi soir, M. Chafiq avait lancé un appel au calme et s'était dit certain d'être le futur président de l'Egypte, tout en disant "attendre le verdict" de la commission électorale et en accusant les Frères musulmans, sans les nommer, de chercher à "faire pression sur la commission" avec leurs manifestations.
Le Conseil suprême des forces armées (CSFA), au pouvoir depuis la chute de M. Moubarak, a critiqué ces annonces vendredi dans un communiqué, estimant qu'elles avaient causé des tensions.
Tout en assurant respecter le droit de manifester pacifiquement, le CSFA a appelé toutes les "parties à éviter toute action qui mettrait en danger la sécurité du pays" et affirmé qu'il agirait "avec la plus grande fermeté face à toute tentative de porter atteinte aux intérêts publics et privés".
En fin d'après-midi, des milliers de personnes, essentiellement des hommes barbus et des femmes en niqab, continuaient de converger vers la place, où les orateurs, surtout des membres de l'assemblée dissoute, se succédaient à la tribune tandis que les vendeurs d'eau, de jus et de glaces faisaient recette.
L'imam Madhar Chahine, qui a dirigé la prière collective sur cette place emblématique, a affirmé que la révolution de janvier/février 2011 allait "se poursuivre jusqu'à la réalisation de ses objectifs", et répété que le peuple était le "dépositaire de la légitimité".
Depuis mardi, des centaines de manifestants ont dressé des tentes sur la place et promis de n'en partir qu'après la proclamation de la victoire de M. Morsi.
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