"Aujourd'hui, entre 17 et 20% seulement des produits halal disponibles à la consommation le sont véritablement. Il y a beaucoup de gens qui certifient n'importe quoi, ce qui contribue à donner une mauvaise image de cette filière en France", a expliqué à l'AFP Saber Bouzaza, promoteur du projet.
Ce chef d'entreprise, qui a ouvert en 2010 un supermarché halal à proximité de Metz, entend lancer officiellement autour au 20 juillet une "fédération française du halal" dont la mission sera de protéger les consommateurs, d'agréer des certificateurs et d'harmoniser les pratiques au sein du marché français.
"Dans mon supermarché, près d'un client sur deux n'est pas musulman. Il ne s'agit donc pas de créer une fédération musulmane, mais une fédération regroupant tous les consommateurs de halal. Je me suis rendu compte qu'il n'en existait aucune", ajoute Saber Bouzaza.
"Je travaille avec une équipe de dix bénévoles, j'ai contacté des industriels, des imams et des vendeurs de produits halal afin d'établir un cahier des charges permettant de délivrer une certification transparente et reconnue. Je suis également en contact avec des acteurs du halal au Benelux, l'objectif c'est d'avoir tout le monde", poursuit-il.
Loin de se limiter aux viandes, le marché du halal, estimé en France à quelque 6 milliards d'euros, concerne également des produits cosmétiques, pharmaceutiques, alimentaires ainsi que des assurances (des contrats investis dans des sociétés reconnues comme licites et ne comportant aucune obligation classique, la loi islamique interdisant la rémunération par les taux d'intérêt).
Face à la demande grandissante, les enseignes ont multiplié leur offre allant jusqu'aux bonbons, eaux minérales, plats cuisinés ou au coca, et la chaîne de restauration rapide Quick a augmenté le nombre de ses établissements entièrement halal. Ils espèrent attirer une clientèle plus jeune et plus nombreuse que par le passé, avec quelque 5 millions de musulmans en France.
Source: notretemps