«L'administration (birmane) affirme que le nombre de morts est d'environ une centaine (...) mais les dirigeants musulmans rohingyas, avec lesquels nous avons été en contact, affirment qu'il y a des milliers de morts», a déclaré M. Davutoglu à l'aéroport d'Ankara avant son départ pour la Birmanie.
M. Davutoglu a indiqué qu'il emmenait avec lui du matériel médical et des dons rassemblés par le Croissant-Rouge turc pour les remettre à «probablement plus de 50.000 musulmans et 20.000 bouddhistes» contraints par les violences de quitter leurs domiciles.
«Les informations dont nous disposons, dont dispose la communauté internationale, sont très contradictoires», a affirmé le ministre. Des violences communautaires entre bouddhistes et musulmans ont officiellement fait 80 morts environ en juin dans l'Etat de Rakhine, dans l'ouest de la Birmanie, selon un bilan largement considéré comme sous-évalué.
M. Davutoglu a indiqué qu'il avait besoin de se rendre sur place pour «observer la situation sur le terrain», mais aussi que son objectif principal était de «s'assurer que l'aide atteigne ces populations sans délai». Quelque 800.000 Rohingyas vivent confinés dans l'Etat de Rakhine. Ils ne font pas partie des groupes ethniques reconnus par le régime de Naypyidaw, ni par beaucoup de Birmans qui les considèrent le plus souvent comme des immigrés bangladais illégaux et ne cachent pas leur hostilité à leur égard. Dimanche, le chef de l'Organisation de coopération islamique (OCI) Ekmeleddin Ihsanoglu avait proposé l'envoi en Birmanie d'une commission d'enquête islamique sur les «violences» et «atrocités» commises contre la minorité musulmane.
Source: Zamanfrance