Nabil Rajab, de confession chiite, était présent à l’énoncé du verdict. Il purge déjà une autre peine de trois ans de prison pour insulte aux sunnites. Il avait été aussi condamné le 28 juin à 300 dinars bahreïnis (800 dollars) d’amende pour insultes aux forces de l’ordre.
Les États-Unis, « profondément troublés » par la peine prononcée, ont appelé « le gouvernement de Bahreïn à prendre des mesures pour redonner confiance aux citoyens à travers le pays et à démarrer un véritable dialogue avec les partis d’opposition et la société civile », selon la porte-parole de la diplomatie américaine, Victoria Nuland.
À Bruxelles, la chef de la diplomatie de l’UE, Catherine Ashton, s’est déclarée « préoccupée » par la peine, espérant qu’elle « sera revue en appel et que cela s’applique aussi à tous les citoyens de Bahreïn jugés pour des faits liés à l’exercice de leurs libertés fondamentales ». Le ministère britannique des Affaires étrangères a, pour sa part, souligné que « la liberté d’expression et le droit de manifester pacifiquement sont une partie fondamentale de toute démocratie moderne », tout en demandant aux « militants de l’opposition de s’assurer que leurs paroles et leurs actes ne constituent pas une incitation à la violence ». Et, rappelant son « attachement au principe de liberté d’expression », la France a affirmé qu’elle encourageait « le dialogue permettant d’apaiser durablement les tensions à Bahreïn ».
Du côté des ONG, la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) a dénoncé cette nouvelle condamnation et réclamé la « libération inconditionnelle » de M. Rajab.
Amnesty International avait appelé mercredi dernier les autorités bahreïnies à libérer M. Rajab. « Comme beaucoup d’autres à Bahreïn, Nabil Rajab est un prisonnier d’opinion, incarcéré uniquement pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d’expression », avait ainsi affirmé l’organisation de défense des droits de l’homme.
« Il devrait être libéré immédiatement et toutes les autres accusations ou condamnations prononcées contre lui devraient être retirées ou annulées », avait ajouté Amnesty, invitant Bahreïn à agir pour que « tous les défenseurs des droits de l’homme soient en mesure d’effectuer leur travail sans crainte de représailles ».
Bahreïn est secoué depuis février 2011 par un mouvement de contestation du régime, animé par des chiites qui réclament une monarchie constitutionnelle dans un pays à majorité chiite dirigé par une dynastie sunnite.
Source : AFP