Birmanie : des mosquées rasées par des bouddhistes

12:02 - August 27, 2012
Code de l'info: 2399870
Article(IQNA)- Depuis plus de deux mois et l’éruption de violences intercommunautaires dans l’ouest de la Birmanie, Ayesha Akhtar, 50 ans, vit dans la peur.
Beaucoup n’osent plus quitter leur village de Tha Yae Kone, situé non loin de la frontière avec le Bangladesh, de crainte d’être arrêtés ou agressés. Leurs revenus se sont réduits comme peau de chagrin. Et, le 21 août, leur mosquée et leur madrasa ont été détruites. «Maintenant, ils nous disent que nous ne sommes pas autorisés à pratiquer notre foi», dit-elle au South China Morning Post.
Le 21 août, vers 16h, trois camions transportant des soldats sont entrés dans le village, raconte Amena Begum, 68 ans, une autre résidente. «Ils ont tiré en l’air et s’en sont pris à la mosquée. Alors que des bouddhistes s’attaquaient à la mosquée avec des barres de fer, les forces de sécurité nous ont crié que quiconque s’y opposerait serait abattu. Certains ont encore lancé que tous les endroits musulmans devraient être démolis dans l’Arakan [ancien nom de l’Etat Rakhine] et que les Rohingyas devraient quitter la Birmanie. Ils sont partis vers minuit après avoir détruit entièrement la mosquée.» Au total, une trentaine de lieux de culte auraient ainsi été rasés.
Les exactions dont sont victimes depuis plusieurs semaines les Rohingyas, minorité paria de Birmanie, ont suscité protestations et condamnations au sein de la communauté internationale et, en particulier, parmi les pays musulmans.
Le président Thein Sein avait lui-même déclaré qu’il ne souhaitait pas des Rohingyas sur le sol birman. Sur ce dossier, Aung San Suu Kyi s’est distinguée par un silence que certains expliquent par sa volonté de ne pas se mettre la majorité bouddhiste à dos. Pourtant, même le Dalai Lama lui a écrit pour s’émouvoir de ces violences, selon phayul.com, agence d’information de Tibétains en exil, qui révélé l’existence de cette lettre le 22 août.
Source: asie-info
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