Ce rapport de 56 pages, qui s'intitule « Le gouvernement aurait pu arrêter ça : les violences interconfessionnelles et les exactions qui ont suivi dans l'État birman d'Arakan », fourni des détails sur les atrocités commises par les deux parties dans le conflit communautaire, et par les forces de sécurité birmanes contre la Rohingya.
Le communiqué de presse de HRW a informe que : « Les forces de sécurité birmanes ont commis des meurtres, viols et les arrestations de masse contre les musulmans Rohingya. Les restrictions gouvernementales sur l'accès humanitaire à la communauté Rohingya ont laissé plus de 100 000 personnes réfugiées qui ont un besoin urgent de nourriture, d’abris et de produits médicaux. »
Le rapport met en avant quelques cas de barbarie, comme lorsque les forces de sécurité ont laissé « le 12 juin 2012, une foule bouddhiste brûlé les maisons de jusqu'à 10 000 Rohingyas musulmans dans la ville Narzi région musulmane la plus importante économiquement. La police et les forces paramilitaires anti-émeute ont également « ouvert le feu sur les Rohingyas à balles réelles » alors qu'ils tentaient d'éteindre les incendies.
Human Rights Watch et Amnesty International ont confirmé que depuis le mois de juin, des centaines d'hommes et d’enfants Rohingyas ont été arrêtés et détenus au secret. Le HRW a signalé un cas dans une ville côtière du sud, où 82 Rohingyas qui fuyaient les violances ont été arrêtés fin juin et ont été jugés à un an pour violation de lois sur l'immigration.
HRW déclare que depuis juin, des milliers Rohingya avaient été repoussés en Birmanie par le gouvernement du Bangladesh, en violation du droit international. Des représentants de HRW déclarent avoir vu des hommes, femmes et enfants Rohingyas qui plaidaient pour obtenir le droit de grace après leur arrivée au Bangladesh, avant d'être contraint de retourner en mer dans des embarcations de fortune. « On ne sait pas combien de personnes sont mortes dans ces refoulements » peut-on lire dans une note de HRW.
HRW appelle en conclusion le gouvernement du Bangladesh à revenir sur sa décision de laisser entrer les organisations d’aides humanitaires et les organisations de Médecins Sans Frontières, Action contre la Faim et Muslim Aid pour l’assistance des Rohingyas.
Les Rohingyas, considérés par l'ONU comme une des minorités les plus persécutées du monde sont un groupe ethnique distinct entre la Birmanie et le Bangladesh voisin. Ils ont vécu dans la région pendant des siècles et susceptibles d’être des descendants de commerçants arabes. Les deux pays les traitent comme des immigrants illégaux et leur refusent la citoyenneté, ce qui provoque de fortes discriminations à leur encontre. En temps de crise économique croissante et de fortes tensions sociales, ils deviennent des boucs émissaires commodes pour les démagogues nationalistes.
Source: Mooslym