Selon l’Agence Internationale de Presse Coranique citant Al Alam, Al-Azhar égyptien a condamné la diffusion du film blasphématoire sur le prophète de l'Islam et l'a qualifié de prétexte visant à semer la sédition en Egypte.
« Ce film blesse les sentiments religieux des musulmans du monde car il profane leurs valeurs sacrées, a affirmé le Mufti égyptien, Ali Djumaa, tout en dénonçant les actes des coptes extrémistes. Tout prétexte comme la liberté d'expression est inadmissible pour justifier de telles profanations a-t-il ajouté en précisant : «L’agression contre valeurs sacrées religieuses n'ont rien à voir avec la liberté d'expression elle constitue plutôt une violation des droits de l'homme et des valeurs sacrées. »
L'Union des jeunes de Maspéro et la Coalition de l'Egypte copte ont, dans un communiqué, condamné "toute forme de mépris contre quelque religion que ce soit, de même que toute tentative de semer la discorde entre personnes de différentes confessions".
Entre-temps, la Ligue arabe a condamné mardi le film le qualifiant de « provocateur et de criminel ». Il a rappelé que la Ligue arabe estime que le respect des symboles religieux est un principe primordial garanti par les Nations Unies, appelant à la nécessité de poursuivre les responsables de ces comportements « provocateurs et criminels ».
Pour sa part, le ministre égyptien des wakfs, Talaat Afifi a dénoncé le film mettant en garde contre ces « actes irresponsables qui attisent la haine appelant la communauté internationale à barrer la route devant ceux qui portent atteinte aux symboles religieux.
Alors que les Frères musulmans appellent à la manifestation pour protester contre la mise en ligne de ce film, les autorités de l’Eglise copte l’ont clairement dénoncé. Le patriarche Anba Pachomios, pape par intérim de l’Eglise copte depuis la mort de Chénouda III, s’est emporté contre ceux qui «sèment la zizanie». «Laissez-nous en paix, nous sommes capables de vivre sous la protection et avec l’amour des musulmans», a-t-il notamment déclaré à l’adresse des Coptes radicaux de l’étranger.
Le film à l'origine des manifestations anti-américaines qui ont eu lieu mardi en Egypte et en Libye, a été réalisé par un Israélo-Américain qui décrit l'islam comme un "cancer", rapporte le Wall Street Journal.
Le film, "Innocence of Muslims" ("L'Innocence des musulmans"), a été réalisé et produit par Sam Bacile, un promoteur immobilier israélo-américain de 54 ans originaire du sud de la Californie, rapporte le quotidien américain.
Sam Bacile a expliqué au WSJ qu'il était bien à l'origine du film en question, soulignant avoir levé cinq millions de dollars auprès d'une centaine de donateurs juifs, qu'il n'a pas identifiés, pour le financer.
Il assure avoir travaillé avec 60 acteurs et une équipe de 45 personnes pour tourner le film en trois mois l'an dernier en Californie. "C'est un film politique, ce n'est pas un film religieux", a-t-il estimé.
Le long métrage a reçu le soutien du controversé pasteur américain Terry Jones, qui avait créé la polémique en brûlant des exemplaires du saint Coran en avril. Il prévoit d'en diffuser un extrait dans son église de Gainesville, en Floride, mardi soir.
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