Le RIS "condamne, avec la plus grande vigueur, la complicité du gouvernement français face à ce nouvel acte islamophobe qui vise à offenser délibérément les sentiments des musulmans" que constitue, selon lui, la publication le 19 septembre de ces caricatures par le journal français.
Elles étaient parues après la diffusion sur Internet d'un film, "L'innocence des musulmans", dépeignant le prophète Mahomet comme un voyou aux pratiques déviantes, qui avait offensé de nombreux musulmans et déclenché une vague de protestations anti-américaines meurtrières au Moyen-Orient.
Les Africains "aspirent à plus de considération" de la part des anciens colonisateurs "dont les politiques de domination et de servitude ont été des plus désastreuses", affirme le RIS dans sa lettre à M. Hollande.
"Le nouveau président français doit au Sénégal et à l'Afrique un nouveau message de pardon après les propos haineux et insultants de Nicolas Sarkozy, prononcés" en 2007 à Dakar, ajoute-t-il.
Dans un discours à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar, M. Sarkozy, prédécesseur de François Hollande, avait alors vu dans "l'Homme africain (qui) n'est pas assez entré dans l'Histoire", le "drame de l'Afrique", suscitant l'indignation sur le continent.
Le RIS, qui regroupe les principales confréries musulmanes du Sénégal, pays à 95% musulman, dénonce aussi dans sa lettre ouverte la politique d'attribution des visas par la France, ainsi que le sort réservé à des retraités sénégalais ayant travaillé en France.
"Les relations séculaires entre la France et le Sénégal exigent une coopération plus respectueuse des droits humains et de la souveraineté des peuples", selon le RIS.
Source: challenges