Trois morts dans des violences communautaires dans l'ouest birman

13:12 - October 24, 2012
Code de l'info: 2437354
Rangoun(IQNA)- Trois personnes ont été tuées dans de nouveaux affrontements entre membres de l'ethnie rakhine, des bouddhistes, et des musulmans Rohingyas dans l'ouest de la Birmanie, en proie à de graves violences communautaires depuis juin, a-t-on appris mardi de sources officielles.
Trois personnes - un Rakhine et deux femmes musulmanes - ont été tuées dans le village de Pandeinkone pendant les affrontements de lundi, a indiqué à l'AFP Hla Thein, chef de la cour suprême de l'Etat de Rakhine, ajoutant que des centaines de maisons avaient été brûlées dans deux villages.
Les violences entre Rakhines et Rohingyas, une minorité apatride considérée par l'ONU comme l'une des plus persécutées au monde, ont fait au moins 90 morts depuis juin selon des chiffres officiels que beaucoup d'organisations jugent sous-estimés.
Plus de 50.000 musulmans et 10.000 Rakhines ont été déplacés.
Une source policière a indiqué que le couvre-feu avait été imposé dans la zone entre 19h00 et 5h00 et que les mesures de sécurité avaient été renforcées. Les violences se sont poursuivies mardi matin avec une cinquantaine de maisons incendiées, avant que le calme soit ramené.
Les 800.000 Rohingyas de Birmanie, confinés dans l'Etat Rakhine, sont privés de nationalité et sont considérés par les autorités comme des immigrés illégaux du Bangladesh voisin. Beaucoup de Birmans ne cachent pas une réelle hostilité à leur encontre.
Le gouvernement a récemment décidé de ne pas autoriser l'implantation d'une représentation de l'Organisation mondiale des pays musulmans (OCI), après que des milliers de moines bouddhistes ont protesté contre ce projet dans plusieurs villes du pays, y compris à Sittwe, pourtant soumise à l'état d'urgence.
Les moines font clairement campagne contre les Rohingyas et de plus en plus contre les musulmans, et ils ont une très forte autorité morale, a dénoncé Chris Lewa, responsable de l'association The Arakan Project, qui milite pour les droits des Rohingyas.
Selon elle, la situation devient de plus en plus tendue, avec une dimension religieuse de plus en plus forte. Les Rohingyas sont dans une situation vraiment inacceptable, a-t-elle ajouté à l'AFP.
Ils n'ont pas de soutien en Birmanie. Ils sont en train de perdre tout espoir et je crois que c'est très dangereux.
Le président Thein Sein a émis des déclarations contradictoires sur le sujet depuis juin, estimant d'abord que les Rohingyas ne pouvaient espérer que l'expulsion ou les camps de réfugiés, avant de se montrer plus ouvert, notamment devant le tonnerre de protestation des pays musulmans.
Dimanche, il a estimé qu'il devait accepter l'aide étrangère. Si nous rejetons l'aide humanitaire, la communauté internationale ne nous acceptera pas, a-t-il déclaré dans une conférence de presse. Nous devons nourrir les gens. Cela coûte 10.000 dollars par jour (...). Notre gouvernement n'en a pas les moyens.
Il a assuré qu'il continuerait à accepter aussi l'aide des pays musulmans. Concernant l'OCI, je ne fais pas de différence entre les religions ou les ethnies. Ils veulent donner de l'aide humanitaire et ils en ont donné, a indiqué Thein Sein.
Source: romandie.com
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