Birmanie: ONU demande la citoyenneté pour les Rohingyas

8:58 - November 11, 2012
Code de l'info: 2445857
Indonésie(IQNA)- La Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Navi Pillay, a appelé vendredi la Birmanie à accorder la citoyenneté aux Rohingyas, minorité musulmane apatride au centre de violences communautaires qui ont récemment secoué l'ouest du pays.
Mes inquiétudes sont multiples, notamment en ce qui concerne la situation au Rakhine, a déclaré Mme Pillay, en référence à l'Etat birman où des affrontements entre musulmans et bouddhistes ont fait depuis juin au moins 180 morts et 110.000 déplacés, principalement des musulmans.
Le gouvernement (birman) me dit qu'il ne s'agit pas d'un problème ethnique mais, selon ce que j'en sais, c'en est un. Les Rohingyas sont apatrides depuis très longtemps et cela nécessite la mise en oeuvre d'une solution politique, a-t-elle ajouté dans une interview à l'AFP, en marge du Forum de Bali sur la démocratie qui s'est achevé vendredi sur l'île indonésienne.
Cela devrait comprendre une révision de la loi sur la citoyenneté afin que les Rohingyas bénéficient du même accès à la citoyenneté. Cela implique également qu'une position claire soit prise, moralement et politiquement, contre les discriminations et contre les organisations basées sur l'ethnicité et la religion, et que soient interdits toute forme de discrimination et de discours incitant à la haine, a-t-elle poursuivi.
Quelque 800.000 Rohingyas, considérés par l'ONU comme une des minorités les plus persécutées de la planète, vivent confinés dans l'Etat Rakhine. Privés de nationalité par la junte au pouvoir jusqu'en mars 2011, les Rohingyas sont vus par la plupart des Birmans comme des immigrés illégaux du Bangladesh, un ostracisme qui alimente un racisme quasi-unanime à leur encontre.
Les Rohingyas ne font pas partie des 135 groupes ethniques officiels à qui la loi birmane sur la citoyenneté de 1982 octroie une citoyenneté pleine et entière.
Mme Pillay a par ailleurs demandé la libération d'un employé local de l'agence des réfugiés de l'ONU, détenu en Birmanie depuis cinq mois. Détenir des employés de l'ONU exerçant leurs activités professionnelles n'est pas très conforme au programme de réformes de la Birmanie, a ironisé la Haut-commissaire.
1134445
captcha