Selon l’Agence Internationale de Presse Coranique, ayant pour titre Islam contemporain en Egypte, le séminaire était la première d’une série de réunions spécialisées visant à présenter et à définir le contenu des articles scientifiques parus dans le premier numéro de la revue scientifique spécialisée en théologie islamique « Kom ».
Au début de la réunion, Moammer Khalilovic, rédacteur en chef de la revue a fourni des explications sur les traits caractéristiques de la revue, sur sa méthodologie et son importance au niveau de la production de la science et de la participation à la gestion de la science. Puis Saïd Khalilovic, membre du centre des sciences théologiques « Kom » et Ivan Kastic du centre des études du Moyen Orient ont présenté leurs recherches sur l’Islam contemporain en Egypte.
Le séminaire était divisé en deux parties : les participants ont présenté à la première partie, leur analyse sur les différentes dimensions de la pensée contemporaine des musulmans en Egypte et la seconde partie était une séance de questions-réponses avec la participation active des participants.
Saïd Khalilovic a indiqué : « Nous entendons par la pensée contemporaine des musulmans en Egypte, la période suivant 1798 où l’Egypte a été occupée par Napoléon. A l’époque les forces religieuses chez les arabes musulmans se trouvaient sérieusement face à des défis généraux portant sur la religion et le social. Le premier groupe à chercher à connaître les fondements de la culture moderne occidental était composé de penseurs chrétiens syriens et libanais suivis par les musulmans qui étaient tous pour le modernisme. Un groupe soulignait la souveraineté, la civilisation et le développement alors que les représentants de l’autre se focalisaient sur l’identité. »
« Le premier groupe, a-t-il ajouté, acceptait la domination de la connaissance occidentale, estimant que les sciences traditionnelles de l’Islam doivent être remplacées par la science occidentale. Les principaux représentants de ce courant étaient Tahtaoui en Egypte et Kheyreddin Pacha en Tunisie. C’est après eux, que Sayed Jamaleddin Assadabadi et Mohammad Abdoh prennent en main la direction du courant de civilisation islamique. Le premier acceptait la précellence de la science et de la technologie occidentales, mais mettant l’accent sur le renforcement de l’unité islamique, se tenait avec fermeté face à la colonisation occidentale. Leur élève, Rachid Reza a conduit le courant vers les pensées salafistes. »
Faisant des éclairages sur les interprétations libérales et nationalistes de l’Islam et les opposants de ce courant en Egypte avant la seconde guerre mondiale, il a précisé : « Après la seconde guerre mondiale et l’échec subi par les arabes face à Israël, un groupe de penseurs musulmans se sont penchés sur le communisme et le marxisme. Dès cette période, un groupe portant de l’intérêt pour « l’identité » a bénéficié des potentialités des couches populaires. Guidés par Hassan al Bana et bénéficiant des penseurs comme Sayed Qotb et Mohammad Qazali, les Frères Musulmans suivaient ce courant. »
Saïd Khalilovic a conclu que les représentants des différentes pensées islamiques contemporaines en Egypte, mettaient l’accent, au niveau historique, sur les principes, prenant leur distance avec l’Occident et essayant d’assurer l’indépendance politique et sociale de leur société, sans prendre position, pour autant, contre l’influence scientifique et technologique moderne de l’Occident.
Ivan Kastic a fait, pour sa part, allusion aux ambiguïtés existant dans les notions comme modernisme, renouveau, réforme islamique, salafisme, wahabbisme et fondamentalisme, soulignant : « Ces notions ne se séparent généralement pas. Ces ambiguïtés au niveau des notions mènent à des analyses erronées au sujet de la pensée islamique contemporaine en Egypte et dans d’autres pays du monde islamique. »
Analysant les positions de certains représentants des Frères Musulmans ainsi que celles d’Abdurrahman Kawakebi sur le nationalisme arabe, Kastic a indiqué : « Les penseurs contemporains emploient ce terme de manière différente. »
Mettant l’accent sur l’importance et l’influence des idées gnostiques dans la consolidation de la conscience des idées islamiques contemporaines, Kastic a ajouté : « Hassan al Bana, fondateur des Frères Musulmans restait jusqu’à la fin de sa vie, attaché aux cadres idéologiques et scientifiques de la voie initiatique Hessafiy. »
A la seconde partie du séminaire des questions étaient posées par les participants sur le sens précis des notions comme modernisme, renouveau et développement dans les différentes sciences et sur l’approche des Frères Musulmans, des salafistes et des laïcs dans l’Egypte d’aujourd’hui en ce qui concerne l’élaboration de la nouvelle constitution égyptienne.
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