Dans son discours au Conseil Permanent de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) à Vienne, en Autriche, jeudi, 29 novembre 2012, Ihsanoglu a dit que l'OCI attachait beaucoup d'importance à l'identification et à la prise en charge des causes premières des conflits et différends. "Traiter les conflits à travers une approche exhaustive offre évidemment beaucoup plus d'avantages que la seule option militaire" a-t-il dit.
Rappelant que la plupart des conflits et foyers de tension dans le monde sont malheureusement localisés dans et autour du monde Musulman, le Secrétaire général a indiqué que l'OCI occupait une position très importante et qu’elle était susceptible d’apporter de la valeur ajoutée en contribuant à la paix et à la sécurité dans le monde. L'OCI est devenue ainsi « un partenaire stratégique ` pour l'ONU », comme l’a souligné le Secrétaire général des NU.
Le Secrétaire général a aussi indiqué que les principes incarnés par le Programme d’Action Décennal de l’OCI, adopté en 2005, et sa nouvelle Charte adopté en 2008, prévoient le renforcement du rôle de l'OCI dans la prévention des conflits, l’instauration de la confiance, le maintien de la paix, le règlement des différends et la reconstruction post-conflictuelle dans les États membres par la voie de la négociation, de la diplomatie de la navette, de la médiation et du recours aux bons offices.
L'OCI s'est engagée à adhérer aux principes de la Charte de l'ONU, à contribuer à la paix internationale, à l'harmonie et à la sécurité et à promouvoir des relations entre États basées sur la justice, le respect mutuel et les rapports de bon voisinage. Ihsanoglu a ajouté que l'OCI était prête à renforcer ses relations avec les autres organisations internationales et régionales dans la prévention des conflits, le règlement des litiges et l’instauration de la paix dans les situations post-conflictuelles. En effet, l'OCI a engagé des actions concrètes pour approfondir son partenariat et sa coopération avec l'ONU, l'OSCE, l’UE, la LEA et l’UA sur les conflits affectant leurs membres communs.
L'Organisation a en outre apporté son soutien actif à la Commission de l’instauration de la paix nouvellement formée à l'ONU à laquelle elle a aussi apporté une modeste contribution financière.
La réunion récente à Djibouti à la mi-novembre du Conseil des Ministres des Affaires Étrangères de l’OCI a ainsi décidé d’établir une unité spécialisée au sein du Secrétariat général qui sera consacrée au maintien de la sécurité et au règlement des conflits. "Cette initiative ne manquera pas de renforcer le rôle et les capacités de l'OCI pour contribuer aux efforts internationaux en termes de prévention et de règlement des conflits et de médiation," a dit Ihsanoglu. À cette fin, l'OCI a établi une coopération étroite avec l'Unité d’Appui à la Médiation de l'ONU et est disposée à coopérer avec le Centre de Prévention des Conflit de l'OSCE.
Dans ce contexte, Ihsanoglu a évoqué certaines questions d’actualité figurant actuellement à l’agenda politique de l'OCI, dont les changements décisifs et critiques ayant eu lieu dans un certain d’États membres, le conflit palestino-israélien, la situation en Syrie, les développements en Afghanistan et au Myanmar et les médiations de l'OCI en Somalie, aux Philippines, au Mali et dans la région du Sahel.
Ihsanoglu a également mentionné les efforts déployés par l'OCI pour promouvoir les droits de l'homme dans les États membres, plus particulièrement avec l'établissement de la Commission Permanente Indépendante des Droits de l’Homme et la cause de l'autonomisation des femmes. En outre, l'OCI est préoccupée par la menace sérieuse à la sécurité mondiale en raison de la montée de l’intolérance et de la discrimination raciale fondées sur les croyances religieuses et les convictions. Il a tenu à cet égard à rendre hommage au Présidents sortant et actuel pour avoir donné la priorité au problème de l'intolérance religieuse à l'ordre du jour de l'OSCE et loué les efforts de M. Akhmetov, du Kazakhstan, Représentant Personnel de l'OSCE pour la lutte contre l'intolérance et la discrimination à l’égard des Musulmans, avec qui il avait eu des consultations intenses à Jeddah. Ihsanoglu a recommandé vivement au Conseil de prendre davantage de mesures pour contenir les auteurs d’actes de discrimination.
Le Secrétaire général a conclu en soulignant que l'OCI et l'OSCE se trouvaient toutes deux dans une position idéale pour adopter une stratégie commune dans le contexte de la prise en charge de l’épineux problème de l'intolérance religieuse. Il a exhorté le Conseil à mettre en commun les ressources des deux organisations et à développer un réseau visant à sensibiliser l’opinion à la nécessité de faire face à la haine et à la violence.
Source: OCI