L’Hodjat-ol-islam Seyed Hossein Mir Moe’zi, membre du Comité d’élaboration des modèles de progrès et de consommation islamiques, lors d’une réunion organisée le 14 janvier 2013, au centre des activités coraniques universitaires, sur les objectifs de l’économie islamique selon le Coran, a déclaré que le troisième objectif de l’économie islamique était d’accéder aux bienfaits matériels et spirituels, qui assurent le bonheur de l’humanité et non une accumulation des richesses.
« Le terme « Barakat » dans la terminologie islamique, concerne toutes les dimensions de la vie humaine, et signifie une abondance de bienfaits durables. Dans ce contexte un bienfait accidentel n’entre pas dans ce concept et est traduit par le mot « ne’mat » dans le Coran avec le sens d’une « facilité après les difficultés » ou de la « fin agréable d’une douleur ».
L’être humain aime ce qui va dans le sens de ses besoins moraux et physiques. La définition de ces bienfaits découle de la vision du monde que nous avons. Dans le Coran, ils sont définis de deux manières, les bienfaits moraux et les bienfaits matériels, car l’être humain a deux vies, une sur terre et une dans l’au-delà, et celle de l’au-delà est plus importante que celle d’ici-bas.
Dans ce contexte, le concept de bienfait devient très large et s’étend à l’éternité. Tout ce qui peut conduire l’être humain au bonheur terrestre et éternel, sera donc considéré comme un bienfait. Le contraire sera aussi juste. Tout ce qui contribue au bonheur dans les questions économiques et matérielles, est un des objectifs de l’économie islamique. La santé et les biens matériels sont des exemples de bienfaits apparents, mais il existe d’autres bienfaits qui ne sont pas sensibles mais perceptibles, comme la raison et la volonté. Dieu nous interrogera sur tous les bienfaits qu’Il nous a donnés.
Toute richesse ou possibilité n’est pas un bienfait, il y a certaines conditions qui doivent être remplies pour cela. La première condition est que ces bienfaits soient utilisés dans la voie divine et pour assurer le vrai bonheur de l’humanité. Si la richesse est un moyen pour développer notre foi et nous rapprocher de Dieu, elle est un bienfait qui peut être illimité, par contre, si elle est utilisée dans le sens de nos passions elle se transformera en atteinte et en préjudice. L’utilisation des richesses dans la vois divine contribue à l’augmentation des richesses, par contre une origine et une dépense illicites contribuent à un appauvrissement.
Le Coran dit à ce sujet :
وَمَنْ أَعْرَضَ عَن ذِكْرِی فَإِنَّ لَهُ مَعِيشَةً ضَنكاً وَنَحْشُرُهُ یَوْمَ الْقِیَامَةِ أَعْمَى
Et quiconque se détourne de Mon Rappel, mènera certes, une vie pleine de gêne, et le Jour de la Résurrection Nous l'amènerons aveugle au rassemblement.
Dans cette vie, les conditions seront très difficiles même si en apparence, elle compte beaucoup de richesses et de facilités. Celui qui oublie Dieu n’obtiendra que le monde or l’être humain de nature, recherche l’éternité et ne trouve le calme que dans le rappel de Dieu. L’amour du monde et des richesses n’ont jamais apporté la sérénité. Une personne matérialiste est toujours dans la crainte de perdre ses biens et dans la convoitise de biens supérieurs. Par contre, les croyants savent que Dieu ne les abandonnera pas et leur accordera la sérénité suprême et éternelle.
Les richesses qui existent en Occident sont le résultat du pillage des autres nations et ont été acquises de façon illicite, et dépensées dans des voies illicites. Nous ne pouvons pas ici parler de bienfaits mais de châtiment, et Dieu a promis d’anéantir les « motrefin » c'est-à-dire ceux qui se réjouissent de leurs richesses et les utilisent dans des voies interdites par la religion.
C’est pour cette raison que nous avons dit que dans l’économie islamique, l’objectif est l’abondance et la permanence des bienfaits, et non l’accumulation de richesses. Notre objectif dans l’économie islamique, est de développer les bienfaits matériels qui contribuent au bien-être dans ce monde, et au salut dans l’autre monde », a-t-il expliqué.
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