La Birmanie doit augmenter l'aide et la sécurité dans l'ouest

13:36 - April 30, 2013
Code de l'info: 2526120
Rangoun(IQNA)- La Birmanie doit de façon urgente aider les musulmans déplacés par les violences dans l'ouest du pays et doubler la présence policière pour empêcher de nouveaux heurts, a plaidé lundi la commission d'enquête officielle.
La Birmanie doit de façon urgente aider les dizaines de milliers de musulmans déplacés par les violences religieuses de 2012 dans l'ouest du pays et doubler la présence policière et militaire pour empêcher de nouveaux heurts, a plaidé lundi la commission d'enquête officielle.
Au moins 140.000 personnes, en grande majorité des musulmans, ont été déplacées par deux vagues de violences en 2012 entre bouddhistes de la minorité ethnique rakhine et musulmans de la minorité apatride des Rohingyas qui ont fait quelque 200 morts dans l'Etat Rakhine.
Et beaucoup d'entre eux qui vivent dans des camps surpeuplés sont dans une situation vulnérable, reconnaît cette commission composée de personnalités bouddhistes et musulmanes, qui ne se réfère aux Rohingyas que sous le nom de Bengalis.
Il devient extrêmement urgent de fournir aux déplacés bengalis un accès sûr à des abris temporaires avant la mousson, insiste-t-elle, notant que 90% des besoins en abris et 15% de ceux en nourriture ne sont pas satisfaits.
Mais la commission souligne aussi la nécessité à ce stade de maintenir la ségrégation de facto en place depuis les violences lors desquelles des quartiers musulmans entiers ont été rasés.
Si maintenir les deux communautés séparées n'est pas une solution à long terme, cela doit être appliqué au moins jusqu'à ce que les émotions exprimées se calment.
La commission recommande également de doubler les effectifs de l'armée, de la police et autres forces de sécurité présentes dans la région, et un renforcement du contrôle de la frontière avec le Bangladesh.
Mais elle insiste aussi pour des forces de l'ordre mieux formées, qui doivent agir en accord avec la loi et être tenues responsables en cas d'infraction.
Cela ne va malgré tout pas assez loin, selon Human Rights Watch (HRW).
Doubler le nombre des forces de sécurité sans assurer d'abord la mise en place de réformes pour mettre un terme à l'impunité de ces forces est un désastre potentiel, a souligné Phil Robertson, un responsable de l'organisation en Asie.
Le rapport ne répond pas au besoin de voir des gens tenus responsables pour les crimes contre l'humanité commis en juin et novembre 2012, a-t-il ajouté, alors que HRW a accusé la Birmanie d'avoir entrepris une campagne de nettoyage ethnique contre les Rohingyas.
Les membres de la commission sont d'autre part prudents concernant l'explosive question de la citoyenneté réclamée par les Rohingyas, demandant un réexamen de leur statut de manière transparente, sans en présupposer l'issue.
Les quelque 800.000 Rohingyas confinés dans l'Etat Rakhine, considérés par l'ONU comme l'une des minorités les plus persécutées de la planète, ont été privés de nationalité par l'ancienne junte et sont vus par beaucoup de Birmans comme des immigrés illégaux du Bangladesh.
Dans le cadre de mesures à plus long terme censées favoriser la réconciliation, le rapport insiste sur l'éducation et plaide pour l'interdiction des paroles de haine contre toute religion.
Alors que les Rakhines expriment la peur de se voir envahir, il plaide aussi pour un planning familial pour les musulmans, rejetant toutefois des mesures obligatoires qui pourraient être vues comme injustes et abusives.
Source: romandie
captcha