Une centaine de personnes a manifesté samedi à Paris pour dénoncer "l'exclusion des mères portant un foulard lors des sorties scolaires". Ils ont également dénoncé un "climat d'islamophobie croissante".
L'appel avait été lancé par le collectif Mamans toutes égales. Entre 100 et 150 personnes ont manifesté samedi à Paris pour dénoncer "l'exclusion des mères portant un foulard lors des sorties scolaires" et s'élever contre un "climat d'islamophobie croissante". Parmi les manifestants, plusieurs dizaines de femmes voilées, mais aussi des militants d'extrême gauche, rassemblés derrière une large banderole sur laquelle on pouvait lire: "Avec ou sans foulard, mamans toutes égales".
Ils ont réclamé l'abrogation d'une circulaire de l'ancien ministre de l'Education, Luc Châtel, datant de 2011, demandant à ce que les mères d'élèves accompagnant les sorties scolaires ne portent pas de signes religieux ostentatoires. Cette circulaire, "encore appliquée par certaines écoles", "entraîne l'exclusion des mères portant un foulard des activités parascolaires", explique Ndella Paye, une des fondatrices du collectif, qui dénonce une "stigmatisation" des personnes de confession musulmane.
"On empêche les musulmans de participer à la vie de la cité"
Le collectif Mamans toutes égales, créé en 2011, avait adressé une lettre ouverte au ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, en septembre 2012, pour réclamer des "directives claires pour arrêter l'exclusion de mamans des sorties scolaires de leurs enfants". Des directives "qui se font toujours attendre aujourd'hui, selon Mme Paye."Les parents d'élèves ne sont pas des agents du service public, ils n'ont pas à être neutres. C'est à l'Etat d'être neutre", insiste la jeune femme, qui dénonce "l'islamophobie croissante" au sein de la société française.
Un avis partagé par Colin Falconer, militant de la gauche anticapitaliste, qui pointe "une lecture erronée du principe de laïcité" et un climat de banalisation de la parole islamophobe. "On critique les musulmans pour leur soi-disant communautarisme, mais quand ils veulent participer à la vie de la cité, on les en empêche. Il y a une sorte d'acharnement", regrette-t-il.
Source: tf1