Selon le site d’information Al Manar, les ministres des affaires étrangères des pays membres de l’UE se sont mis d’accord, lundi 22 juillet à Bruxelles, capitale belge, de placer le nom du Hezbollah libanais sur la liste des organisations terroristes.
Les ministres des affaires étrangères de l’UE ont cependant mis l’accent sur leur volonté de continuer le dialogue avec tous les partis politiques libanais jouant un rôle au Liban, y compris le Hezbollah.
« Il est bon que l’UE ait décidé d’appeler le Hezbollah pour ce qu’il est : une organisation terroriste », a indiqué le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Frans Timmermans, dans un communiqué.
« Nous avons franchi une étape importante aujourd’hui en sanctionnant la branche militaire, en gelant ses actifs, en perturbant son financement et ainsi en limitant sa capacité à agir », selon ses propres termes.
Pour le chef de la diplomatie britannique, William Hague, cette décision n’ affectera pas la stabilité du Liban.
La décision des ministres – un accord politique qui doit être transcrit juridiquement pour entrer en application – repose sur les « preuves » que la branche armée du Hezbollah est liée à des actes soi-disant terroristes perpétrés sur le territoire européen.
Mais certains observateurs affirment que cette décision s’inscrit dans le cadre des pressions sur le Hezbollah en raison de son soutien à l’armée syrienne face aux groupes takfiris, soutenus par l’axe américano-israélien.
L’inscription sur la liste va entraîner un gel des avoirs et l’interdiction de visa d’entrée dans l’UE pour les personnes concernées.
Mais sa mise en œuvre va s’avérer complexe car « il est très difficile d’identifier les membres de l’aile militaire », selon Waddah Charara, professeur de sociologie à l’université libanaise et auteur de « l’Etat Hezbollah ». « Nous en connaissons peut-être une vingtaine. C’est l’appareil sécuritaire, et non pas militaire, qui est le plus efficace et le plus dangereux chez le Hezbollah », a-t-il expliqué.
Selon lui, « les restrictions et les ambiguïtés de la décision de l’UE laisse une latitude assez large au Hezbollah, d’autant que ce parti a toujours avancé masqué et possède de nombreux relais pour agir ».
Le gouvernement libanais avait appelé ces derniers jours les Européens à ne pas sanctionner le Hezbollah, en faisant valoir que le puissant mouvement représentait une « composante essentielle » de la société du pays.
Or, le Hezbollah par la voix de son secrétaire général Sayed Hassan Nasrallah avait anticipé cette décision en affirmant qu’il ne sera point intimidé par cette démarche.
En réaction à cette inscription, le cheikh Afif Nabloussi, grand religieux libanais a souligné que l’inscription du nom du Hezbollah sur la listes des organisations considérées par l’UE comme terroristes ne réduit pas les valeurs du Hezbollah qui reste un mouvement de résistance honnête qui a défendu le Liban face aux offensives du régime sioniste.
Pour sa part, le cheikh Abdulamir Qabalan, vice-président du Haut Conseil des Chiites Libanais a dénoncé la décision de l’UE, précisant qu’elle témoignait de la reddition totale des pays européens devant le sionisme.
Par ailleurs le centre d’amitié entre les pays arabes et l’Italie a dénoncé la décision de l’UE de placer la branche militaire du Hezbollah sur cette liste, la qualifiant de très dangereuse.
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