L'Egypte est peu susceptible de modifier l'article 2 de la Constitution qui stipule que la loi islamique est la principale source de législation, a affirmé dimanche 15 septembre Mohamed Salmaoui, porte-parole du comité de révision de la Constitution, composé de 50 personnalités principalement issues des courants libéraux et de gauche.
L'article 2, qui a été introduit en 1971, stipule que « l'islam est la religion de l'Etat et les principes de la charia islamique sont la source principale de la législation ». Les principales factions politiques égyptiennes et l'Eglise copte orthodoxe soutiennent l'article 2.
L'actuelle Constitution avait été adoptée par référendum en décembre 2012, par 63,8 % des votants, mais avec un taux de participation de 32,9 %. Le « Comité des 50 » a, depuis le 8 septembre, 60 jours pour remettre la version finale de la Constitution amendée au président par intérim, qui aura alors 30 jours pour annoncer la date d'un référendum.
Un autre article, l'article 219 de la constitution de 2012 qui définit l'article 2, suscite la controverse. Adopté sous la pression des salafistes, cet article donnait une définition extensive du concept de « principes de la charia islamique » en mobilisant des notions très techniques de la théologie et de la tradition juridique islamiques.
Les détracteurs de l'article 219 disent qu'il laisse la porte ouverte à la discrimination contre les minorités non sunnites. Le comité de dix experts qui ont remis les suggestions d'amendements au Comité des 50 avaient recommandé la suppression de l'article 219. Mais le parti salafiste Nour qui a un représentant au sein du Comité, a mis en garde contre l'élimination de cet article « qui priverait l'Egypte de son identité islamique ».
Source: fait-religieux