Envisagé au printemps après une réunion à Nice, l'appel au boycott des éleveurs azuréens par les responsables musulmans à l'occasion de la fête de l'Aïd-el-Kébir est désormais lancé. Face à l'insuffisance d'infrastructures permettant l'abattage rituel (sacrifice d'Abraham), les responsables ont mis leur projet à exécution. Ainsi, ils exhortent tous les musulmans des Alpes-Maritimes à aller acheter leurs agneaux ailleurs que dans le département, notamment dans le Var. Leur but : pénaliser les éleveurs qui ne s'équipent pas en abattoirs temporaires permettant aux musulmans d'abattre les bêtes dans de bonnes conditions sanitaires et réglementaires.
« Les éleveurs ne font pas d'efforts »
« Un seul abattoir temporaire existe dans le département, à Escragnolles, mais il ne peut accueillir que trois cents agneaux »,explique Mohamed Djadi, l'imam de Grasse. « La communauté musulmane est montrée du doigt quand les bêtes sont tuées en dehors des abattoirs dans des conditions dangereuses, mais les éleveurs ne font pas d'effort, alors que l'Aïd leur rapporte beaucoup d'argent - presque leur chiffre d'affaires de l'année pour certains, car ce sont 8 000 agneaux vendus 150 e minimum qui sont sacrifiés en deux jours dans le département »,poursuit l'imam.
« Seize ans de concertation en préfecture des Alpes-Maritimes, en présence de tous les acteurs concernés, n'ont pas suffi à ce que l'Aid se déroule normalement dans notre département. Aujourd'hui encore, il n'y a eu aucune avancée »,regrette le responsable religieux, en indiquant que le Var dispose de dix lieux d'abattage rituel temporaires. Trente-neuf abattoirs agréés en Paca.
L'Aïd-el-Kébir, la grande fête des musulmans, aura lieu le 15 octobre. Les agneaux doivent être achetés vivants et sacrifiés pendant la durée de la fête. La balle est dans le camp des éleveurs et de la préfecture.
Source: nicematin