Réformes en Turquie : les fonctionnaires vont pouvoir porter le foulard islamique
Les fonctionnaires turques vont désormais pouvoir porter le foulard islamique sur leur lieu de travail, a annoncé le Premier ministre Erdogan.
Le Premier ministre islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé une série de réformes à Ankara. La République laïque va abroger la disposition qui interdit aux fonctionnaires turques de porter le foulard islamique sur leur lieu de travail."Nous levons l'interdiction dans les institutions publiques", a déclaré Recep Tayyip Erdogan.
L'interdiction restera cependant en vigueur pour les policiers et militaires ainsi que les procureurs et magistrats, a souligné le chef du gouvernement. Son parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste) défend le port du voile dans toute les domaines, y compris la sphère publique, depuis son arrivée au pouvoir en 2002. Il a déjà levé cette interdiction, strictement appliquée jusque-là dans la Turquie musulmane mais laïque, sur les campus universitaires. Les épouses de la plupart des dirigeants turcs, dont celles du président Abdullah Gül et de Recep Tayyip Erdogan, sont voilées.
Un "paquet démocratique" pour les minorités en Turquie
En plein processus de paix entre Ankara et les rebelles kurdes du Parti des travailleurs des Kurdistan (PKK), le Premier ministre a par ailleurs annoncé un renforcement des droits de la minorité kurde. Parmi ces réformes présentées devant la presse figure "l'enseignement dans les écoles privées des langues et dialectes" autres que le turc, dont le kurde, jusqu'à présent interdit.
Recep Tayyip Erdogan a également annoncé que certaines localités kurdes débaptisées dans les années 1980, après le coup d’État de 1980, pourraient reprendre leur nom kurde. Baptisé "paquet démocratique", l'ensemble de ces réformes doit accroître les libertés des minorités de Turquie en général (Roms, Alévis, Syriaque).
Elles restent toutefois très en deçà des revendications de Kurdes de Turquie, une minorité estimée à 15 millions sur une population totale de 75 millions, qui réclament l'enseignement de leur langue dans les établissements publics et une référence explicite à leur identité dans la Constitution.Avant même leur présentation, les Kurdes ont rejeté par avance les réformes de Recep Tayyip Erdogan, jugées insuffisantes.
Source : RTL.fr et AFP