Plusieurs incidents ont eu lieu entre musulmans et juifs religieux dernièrement sur l'esplanade des Mosquées , dont les plus sérieux le 4 septembre dernier, à quelques heures du début de Roch Hachana, le Nouvel An juif. Des Palestiniens ont lancé des pierres en direction de la police et du mur des Lamentations en contrebas. De nouvelles émeutes ont eu lieu deux jours plus tard. Au cours de ces deux vagues de violence, qui n'ont pas fait de blessés, 24 Palestiniens ont été arrêtés.
Ces tensions ont pour origine le nombre croissant de juifs religieux qui viennent visiter l'esplanade, souvent accompagnés de leurs rabbins, estiment les responsables du Waqf, l'administration des biens musulmans. Bien qu'il leur soit interdit de prier à voix haute, certains enfreignent cette règle, voire se prosternent en direction du dôme du Rocher, où se dressait, selon la tradition, le Temple juif, il y a 2.000 ans. Et pour cause, le nombre de juifs messianiques et partisans de la reconstruction du troisième Temple qui entreprennent l'ascension du mont du Temple est en constante augmentation depuis le milieu des années 2000. Malgré l'opposition du grand rabbinat et les restrictions sécuritaires, 7.724 visites ont été dénombrées en 2012 et plus de 6.000 depuis le début 2013.
L'esplanade, qui s'étend sur quatorze hectares autour du dôme du Rocher et de la mosquée al-Aqsa, est le site religieux le plus âprement disputé entre juifs et musulmans. Conquise par Israël, lors de la guerre des Six Jours, elle a été confiée par le ministre de la défense Moshe Dayan à l'administration du Waqf jordanien qui, aujourd'hui encore, en assure la garde et y autorise les visites des non-musulmans en dehors des heures de prière. Troisième lieu saint islamique après la Mecque et Médine, elle s'élève, selon les juifs, à l'endroit même où était bâti le Second Temple jusqu'à sa destruction par l'empereur romain Titus, en 70 après Jésus-Christ.
C'est autour de l'esplanade des Mosquées qu'ont débuté quelques uns des épisodes les plus sanglants du conflit israélo-palestinien. En 1996, le percement d'un tunnel par la municipalité de Jérusalem avait provoqué des émeutes qui avaient fait plus de quatre-vingt morts dans la ville, ainsi qu'en Cisjordanie et à Gaza. Le 28 septembre 2000, la visite d'Ariel Sharon, alors chef du Likoud, sur le mont du Temple avait déclenché la Seconde Intifada.
Source: fait- religieux