Aucun lien apparent entre une école coranique ontarienne et le groupe armé État islamique

10:34 - December 09, 2015
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Ottawa(IQNA)-L'Institut al-Huda de Mississauga dit coopérer avec les autorités canadiennes au sujet de l'une de ses anciennes élèves qui aurait rejoint le groupe armé État islamique en Syrie au cours des deux dernières années. Selon la CBC, trois autres jeunes Ontariennes ont fréquenté cette école coranique privée, mais la Turquie les a renvoyées au Canada, parce qu'elles tentaient elles aussi de se rendre en Syrie.

On ignore comment ces quatre jeunes femmes âgées de 16 à 20 ans, mais dont l'identité est protégée, ont été radicalisées au point de vouloir se joindre prétendument au groupe armé État islamique. Le lien avec l'Institut al-Huda n'a encore jamais été établi. Certains Musulmans dénoncent néanmoins l'enseignement qui est dispensé dans cet établissement.
Le Conseil canadien des femmes musulmanes ne pense pas que l'école coranique al-Huda soit néanmoins responsable de leur embrigadement, même si elle peut paraître selon lui comme un terreau fertile pour les fondamentalistes.
Sa directrice exécutive, Alia Hogben, affirme toutefois que « ce qu'on y enseigne est toutefois contraire à l'islam ». « La polygamie, l'inégalité entre les sexes et la soumission de l'épouse à son mari ne sont pas des valeurs canadiennes », rappelle-t-elle.
Mme Hogben s'interroge surtout sur le financement de cette école par des États du Golfe persique et sur le manque de contrôle de l'Ontario sur ce qu'on y enseigne. Le ministère de l'Éducation rétorque que l'Institut al-Huda n'est pas financé par des fonds publics et qu'il n'a aucune autorité sur les écoles primaires privées en Ontario.
Réaction et fermeture
Dans un communiqué, la direction de l'Institut explique que l'établissement prêche un islam authentique et qu'elle condamne la violence et le terrorisme. L'Institut al-Huda a été fondé en 2004 par une conférencière pakistanaise controversée, Farhat Hashmi, qui est déjà venue le visiter en Ontario il y a trois ans.
Mme Hashmi y dispense toujours des cours de religion et un code de conduite pour jeunes filles en ourdou par télé-conférence ou sur Internet. Ses classes sur YouTube la montrent d'ailleurs en compagnie de fillettes, d'adolescentes et de femmes qui sont revêtues d'un niqab et d'une abaya.
La direction de l'Institut dit que l'établissement ne fait face à aucune accusation. Elle n'est en outre pas convaincue que les quatre jeunes filles en question y étaient inscrites. Elle ajoute qu'elle a toutefois dû fermer l'école par peur de représailles contre son personnel et ses élèves après la diffusion du reportage de la CBC.
L'avocat Hussein Hamdani, qui a siégé à la défunte Table ronde transculturelle sur la sécurité du gouvernement Harper, voit d'un bon œil que cet Institut ait approché la GRC pour qu'elle ouvre une enquête.
Education et sensibilisation
M. Hamdani dit qu'il ne servirait toutefois à rien de bannir cette école pour ne pas faire le jeu des islamistes. « Il faut au contraire s'assurer qu'on y enseigne tous les courants de l'islam par souci d'équité, de transparence et de tolérance. »
Mme Hogben et M. Hussein affirment que l'éducation et les programmes de sensibilisation aux dangers du fondamentalisme religieux sont les seuls moyens de lutter efficacement contre le radicalisme. Ils rappellent que le Canada est un pays réputé pour sa tolérance.
Il faut selon eux faire comprendre aux musulmans, en particulier aux plus jeunes, qu'il n'existe aucune conspiration occidentale contre leur religion même si l'islam est mis à mal ces temps-ci par des fanatiques dans le monde qu'ils soient musulmans ou non.
Le Conseil musulman du Canada et le Conseil des imams du Canada ne nous ont pas rappelés.
ici.radio-canada

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