Cinq extrémistes ont lancé une attaque avec des explosifs dans le centre de la capitale indonésienne, dans le quartier de Thamrin qui abrite des centres commerciaux, les bureaux de plusieurs agences de l’ONU et des ambassades, notamment celle de France. Des explosions ont été entendues à 10 h 30 heure locale.
Parmi les cinq assaillants figuraient trois kamikazes qui visaient initialement le café Starbucks en face du grand centre commercial Sarinah, a indiqué un responsable de la police.
Après la première explosion, deux assaillants armés de pistolets ont pris deux hommes en otage. La police a indiqué dans un premier temps qu’il s’agissait d’un Algérien et d’un Néerlandais, mais le chef de la police, Tito Karnavian, a rectifié plus tard en déclarant que le second était canadien et non néerlandais. Selon le récit du porte-parole de la police indonésienne, Anton Charliyan, l’Algérien a réussi à s’échapper avec des blessures par balles, mais le deuxième homme a été assassiné. Un Indonésien qui avait essayé de prêter secours aux deux otages a également été tué. « Peu après, deux hommes sur des cyclomoteurs se sont fait exploser », a-t-il ajouté, soulignant que quatre policiers blessés étaient dans un état critique.
Des témoins ont raconté que les assaillants qui venaient du Starbucks ont commencé à tirer sur des passants, rechargeant leur arme alors que des forces de sécurité arrivaient sur les lieux. « J’ai entendu une forte explosion, comme un tremblement de terre et nous sommes tous descendus », a raconté à l’Agence France-Presse Ruli Koestaman, un homme de 32 ans qui était en réunion à proximité.
« On a vu que le Starbucks à côté était également détruit. J’ai vu un étranger, un Occidental, avec la main mutilée mais en vie. Un des serveurs du Starbucks est sorti en courant. Du sang coulait de ses oreilles. Tout le monde s’est rassemblé et un terroriste est arrivé et a commencé à nous tirer dessus et à tirer sur le Starbucks. La police tirait sur ce type, qui continuait de recharger son arme, puis il y a eu d’autres explosions. »
La police a affirmé que tous les agresseurs, au nombre de cinq – celui de 14 avait été avancé auparavant par les médias indonésiens –, avaient été tués. Les attaques et échanges de coups de feu ont fait vingt blessés, tandis qu’une guérite de la police a été détruite.
Le président indonésien, Joko Widodo, a d’emblée dénoncé des actes « terroristes ». Les ministères des affaires étrangères britannique et allemand ont appelé leurs ressortissants à la prudence, tandis que la chaîne Starbucks a décidé de fermer toutes ses enseignes de la capitale indonésienne « jusqu’à nouvel ordre ».
L’organisation terroriste Daesh a revendiqué jeudi la responsabilité de la série d’attentats qui ont secoué la capitale indonésienne. Le communiqué en arabe, publié sur Internet, affirme que plusieurs bombes « ont explosé concomitamment à des attaques par quatre soldats du califat avec des armes légères et des ceintures explosives ». Le communiqué précise que les attaques ont visé un groupe de citoyens de la « coalition croisée », faisant référence à l’alliance anti-Daesh conduite par les Etats-unis.
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