Deux frères de confession musulmane, élèves dans un lycée Therwil, en Suisse, avaient été autorisés à ne pas serrer la main de leurs professeures, comme le veut pourtant la tradition. Ils se justifient dimanche et s'estiment victimes de discrimination.
Ils persistent et signent. Dimanche les deux frères de confession musulmane, élèves dans une école du nord de la Suisse, dont l'attitude avait fait polémique, se sont livrés dans un quotidien local. A leur demande, l'établissement leur avait octroyé le droit de ne pas serrer la main des professeurs femmes, au nom de leur religion. "Personne ne peut nous forcer à toucher des mains" ont déclaré les deux frères. La décision de leur école avait provoqué un tollé: saluer ses enseignants, hommes et femmes, de cette façon est une tradition dans les écoles suisses. "Cette règle rompt avec nos traditions et est discriminatoire envers les femmes. Nous ne voulons pas revenir au Moyen-Age", avait réagi dans le quotidien en ligne 20Minuten, Isabella Oser, membre de la direction de l'association des enseignants de Bâle-Campagne.
"Les politiciens nous utilisent"
Interrogés par le journal suisse Sonntagszeitung, les deux frères dont l'aîné a 16 ans, se sont défendus d'une quelconque manipulation de leur père, qui est imam. "Personne ne nous dicte quoi que ce soit", se sont défendus les deux frères qui démentent être radicalisés. Ils se disent très surpris par l'ampleur qu'a pris la polémique concernant leur décision. Les deux jeunes hommes s'estiment également victimes de discriminations venues de toutes parts et de récupération politique. "Les politiciens nous utilisent pour amplifier le sentiment anti-musulmans, en particulier les représentants de l'UDC", ont-ils insisté.
L'un des deux frères fait l'objet d'une enquête pour avoir partagé une vidéo de propagande de l'Etat islamique, mais il s'est défendu d'un quelconque soutien: "Mon frère et moi sommes très clairement contre l'EI. L'islam interdit de tuer des civils".
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