La Turquie entend faire entendre sa voix en Suisse. Pas uniquement par la diplomatie mais aussi par le biais des mosquées qu'elle finance et l'envoi d'imams qui professent un islam ultra-conservateur, comme le révèle laSonntagsZeitung.
La Présidence des Affaires Religieuses (Diyanet) multiplie ses efforts en Suisse depuis 2013, assurant le suivi de 35 imams en activité à Genève, Bâle, Saint-Gall et au Tessin. Dans les mosquées où officient ces prédicateurs y est professé un islam violemment anti-occidental et les femmes y sont sommées de porter le voile, témoignent des pratiquants.
Vers un contrôle des mosquées
Ankara agit via une fondation à Zurich qui soutient une cinquantaine de mosquées. Son directeur, Zafer Terkesli, a démenti tout apport financier d'Ankara. Il reconnaît cependant un lien avec Diyanet qui «aide à la réservation d'hôtels et de vols pour les pélerins».
Saïda Keller-Messahli, président du Forum pour un islam progressiste, appelle à agir. «Il ne faut pas laisser à Erdogan la possibilité de dire quel islam est légitime en Suisse.» Et les politiciens sont toujours plus nombreux à demander un contrôle du financement des mosquées en Suisse, comme la conseillère nationale Doris Fiala (PLR/ZH).
Islam, religion officielle?
Sa collègue Elisabeth Schneider-Schneiter (PDC/BL) veut aller encore plus loin, en contrôlant l'envoi d'imams depuis l'étranger et en punissant la tenue de prêches extrémistes dans les mosquées.
D'autres comme Silvia Schenker (PS/BS) pensent qu'il est temps d'attribuer à l'islam le statut de religion officielle en Suisse. Une idée combattue par Albert Rösti (UDC/BE), pour qui les valeurs islamiques n'ont rien à voir avec la culture helvétique.
lematin.ch