Voilà plusieurs semaines que les femmes qui portent le voile sont malgré elles, et surtout sans elles, au cœur de l’actualité. Stigmatisation, démagogie, calomnies, mensonges et amalgames, ces dernières sont devenues le mal à combattre.
Premier ministre, ministre des Droits des femmes, députés de droite comme de gauche, éditocrates, chroniqueurs et autres experts autoproclamés, la liste des contempteurs est longue.
Comble de ces polémiques médiatico-politiques, les premières concernées ne sont jamais invitées à prendre part aux débats. TV, radio, sites d’information, les médias ne leur donnent pas la parole. Aberration si peu dénoncée tant il semble convenu que les femmes voilées n’ont pas à être entendues.
Dans son ouvrage, Des Voix derrière le voile, la journaliste Faïza Zerouala fait oeuvre salutaire : elle donne la parole à ces femmes. « On en parle sans cesse, on ne les entend jamais. Les femmes voilées ont la parole. » Le ton est donné.
Faïza Zerouala a écouté, puis a consigné le témoignage de dix femmes, qui toutes racontent et se racontent face à une journaliste qui s’efface complètement derrière ses interlocutrices.
Faïza Zerouala joue ainsi le rôle de porte-voix au sens premier du terme. On obtient in fine un album et dix paroles brutes consignées telles quelles, dix femmes voilées qui parlent. Et des lecteurs qui écoutent, enfin. Et découvrent derrière ce voile des vies qui ne se réduisent pas au tissu qui recouvre leur tête et que ces femmes, au parcours très différent les unes des autres, ont choisi de porter par conviction.
Al-kanz