Dr Cherif Hassan Esmati, directeur du Centre culturel iranien à Dakar, à la Sicap Sacré-Cœur III, affirme que les échanges culturels entre la République islamique d’Iran et le Sénégal devraient être consolidés. En prenant l’exemple de l’art islamique, le diplomate estime que la religion occupe une place de choix dans les échanges. « Les Tarikha (voies soufies) sont importantes au Sénégal. En Iran aussi, il y a des marabouts, d’énormes mausolées de la famille d’Ahloul Bayti (la descendance du Prophète - Psl) ; avec la civilisation perse, beaucoup de choses sont à connaître », souligne-t-il.
A côté de cet art spécifique, l’Iran vit la musique à sa façon. « La musique classique traditionnelle est très développée chez nous depuis 10 ans et l’habitude de la mélodie sénégalaise se rapproche de la nôtre. Mais, la différence réside dans les instruments », explique Dr Esmati. « Nous envisageons que des artistes sénégalais se rendent en Iran pour voir notre culture », prévoit-il.
A l’en croire, l’Iran est un pays où le cinéma et la calligraphie sont très développés. Sans omettre la peinture, le théâtre, etc. Déjà, l’attaché culturel se félicite de l’artiste plasticien iranien Chahab qui met en relation l’Orient et l’Afrique dans son exposition intitulée « Quand l’Orient chante l’Afrique ». Cette exposition se déroule jusqu’au 18 mars à la Galerie Arte de Dakar. « L’Iran n’est pas seulement un pays de religion comme certains le pensent ; nous sommes une Nation de civilisation qui date de 7000 ans avant Jésus-Christ. Il y a toute une histoire », relève-t-il.
Cherif Hassan Esmati rappelle que la langue persane est enseignée dans les pays francophones. « Depuis 15 ans, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar abrite un Département de langue et de littérature persane. De nombreux étudiants sont en train d’y apprendre la langue persane. Plus de 10 universitaires sont, en ce moment, en Iran pour passer leur Doctorat ou Master », explique-t-il.
Partisan du « donner et du recevoir », Dr Esmati précise qu’un pan entier de la culture iranienne est méconnu des Sénégalais. « Je peux nommer la science, la médecine. La révolution islamique a beaucoup changé cette culture. Nous ne sommes pas seulement dans le domaine nucléaire. Il y a aussi le tourisme médical », apporte-t-il comme réponse.
En Iran, informe le diplomate culturel, il y a des réunions d’échanges entre oulémas pour l’unité islamique internationale. A ce propos, des érudits sénégalais sont envoyés à Téhéran à côté de dignitaires iraniens. « Nous sommes contre ces terroristes et toutes les mauvaises pratiques dans les relations politiques entre pays frères », insiste Cherif Hassan Esmati, qui souhaite que le ministre de la Culture et de la Communication du Sénégal donne un coup de pouce pour développer la coopération culturelle entre l’axe Dakar-Téhéran. « Il faut que les gouvernements et ambassadeurs respectifs nous appuient pour qu’on puisse mieux faire », souhaite le directeur du Centre culturel iranien à Dakar.
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