Conférence à Alger : les femmes de la civilisation musulmane à l'honneur

8:42 - March 12, 2017
Code de l'info: 3462603
Peu nombreuses, discrètes, mais néanmoins très actives, beaucoup de femmes musulmanes ont marqué l’histoire par leurs diverses contributions à la science, à la culture, à la religion et autres domaines, comme la politique par exemple.
Dans un hadith rapporté par Ibn Abbas, le Prophète (QSSSL) a dit : « les meilleures femmes de tous les mondes sont au nombre de quatre : Meriem, fille de Imran, Assia, fille de Mouzahem et épouse du Pharaon, Khadidja bent Khouayled et Fatima fille de Mohamed ». Depuis, d’autres femmes se sont également illustrées dans le monde musulman, au fil du temps et des événements, mais les historiens  ne les ont pas citées dans leurs ouvrages et manuscrits et ce, pour diverses raisons dont l’ignorance même de leur existence. Victimes des traditions, des préjugés et autres lois injustes, et non de l’islam, comme certains le croient, les femmes musulmanes n’ont pas pu donner la pleine mesure de leurs capacités, malgré leur bonne volonté.
Femmes d’abord, les docteures Akila Hocine et Safia Dib, enseignantes à l’université d’Alger, partagent globalement cet avis, à la lumière de la conférence-débat qu’elles ont animé conjointement au centre culturel islamique d’Alger, en compagnie d’une avocate du barreau d’Alger, sur les femmes musulmanes et leur contribution à la science et à la culture. Organisée à l’occasion de la journée internationale de la Femme, la manifestation a permis à l’assistance du jour de suivre avec attention les communications présentées sur la participation de la femme au rayonnement de l’islam, dans les domaines des sciences, de la culture et de la religion.
Dans ce contexte, Dr Akila Hocine a évoqué le nom de plusieurs femmes illustres dans l’histoire de l’humanité, en se référant au hadith connu du Prophète (QSSSL), avant de mettre l’accent sur la précieuse contribution de nombre d’entre elles, durant l’âge d’or de la civilisation arabo-musulmane, en citant notamment le cas de Fatima El Fihria, qui a fondé le prestigieux institut Djamaâ El Karawiyine de Fès (Maroc), et d’El Khazindara, qui s’est chargée de la faculté des sciences religieuses d’El Azhar Echarif, à titre d’exemples.
Malheureusement, a-t-elle ajouté, nos archives n’ont pas résisté à l’usure du temps, aux massacres coloniaux, aux guerres qui marquent les pays arabo-musulmans, jusqu’à présent. Qui a entendu parler de la scientifique Roquia bent Abdelkaoui de Bejaia ou de l’interprète du Coran Aïcha Bent Amara, s’est exclamée l’universitaire avant de déplorer le manque flagrant de sources de référence dans ce domaine.
Lui succédant, Dr Safia Dib est allée dans les profondeurs de l’histoire du monde arabo-musulman, notamment au Maghreb, pour mettre en exergue l’apport précieux de nombreuses femmes cultivées et érudites à la civilisation musulmane. Dans ce contexte, elle a évoqué la précieuse contribution des femmes dans les sciences, la culture, la religion, la politique et même en linguistique, en rappelant à cet égard le témoignage de l’illustre savant Essouyouti, quant à l’existence de 37 femmes dans ce domaine des sciences de la langue arabe, notamment. Elle a cité également les compétences en politique de l’épouse du sultan Almoravide Youcef Ibn Tachfine, l’érudite Khadidja Bent Sahnoun, à Tunis, durant le règne des Aghlabides, de Zoulikha Bent El Mouizz ibn Badis à Bejaia avant de parler des femmes illustres qui se sont distinguées les domaine de la médecine, de la gynécologie et des soins paramédicaux, comme c’est le cas de l’Andalouse Oum Amr bent Abi Zouhr, qui s’est fait connaître durant le règne des Almohades, notamment.
elmoudjahid

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