«Alors que les relations entre chrétiens et musulmans posent question, comme l'identité ou le pluralisme religieux, j'ai beaucoup de demandes actuellement. » Invité de l'association Fraternité Sainte-Perpétue, réunie en assemblée générale, le frère dominicain Jean-François Bour a confié qu'il assurait sa sixième conférence de la semaine !
Résidant à Tours, après avoir vécu dix ans au Caire, en Égypte, il est adjoint du directeur du service national pour les relations avec les musulmans, auprès de la conférence des évêques de France. Jean-François Bour a parlé devant une cinquantaine de personnes, principalement des paroissiens, des difficultés de la rencontre avec l'autre lorsque ce dernier est différent, « qu'il n'a pas les mêmes codes, pas la même culture ». Et en plus d'être étrangers, les réfugiés de Syrie sont d'une autre religion !
Le conférencier a évoqué l'ambiguïté même du mot hospitalité, qui a la même racine que le mot hostilité : « Je vous propose une réflexion, pas une culpabilisation. L'hospitalité est au cœur de l'idée de civilisation mais c'est vrai que c'est parfois difficile de l'appliquer. »
Sortir des fantasmes, sur l'islam et les musulmans, qui ne sont pas si nombreux en France que le laissent penser certaines images, « de flots et de flots de réfugiés », accepter « le risque de la rencontre avec l'étranger », sont des notions que le conférencier a expliquées avec des références historiques et spirituelles. Jean-François Bour a montré que l'idée de laisser une place à l'autre est aux sources des deux religions, chrétienne et musulmane.
Mais il a abordé aussi la question de la violence, des massacres et d'une certaine idéologie : « C'est un problème pour tout le monde que des terroristes se réclament de l'islam. Et les savants de l'islam s'attaquent à ce problème : les hauts dignitaires sunnites égyptiens ont fait une déclaration importante et grave, peu connue, en disant que les Wahhabites sont en train de s'éloigner du consensus de la communauté. »
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