La décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) est « critiquable » et offre « un laissez-passer aux entreprises qui souhaitent discriminer sur base des convictions en invoquant une notion aussi floue que la ‘politique de neutralité' », réagit mardi le Collectif contre l’islamophobie en Belgique (CCIB).

La Cour a estimé plus tôt dans la journée qu’une entreprise peut interdire le port du voile à ses employés.
« Cet arrêt, qui prend le parti de la liberté d’entreprise, a des conséquences lourdes: il octroie dorénavant aux employeurs un champ d’action suffisant pour discriminer purement et simplement des hommes et des femmes qui affichent de manière apaisée et pacifique une conviction, tout en énonçant certes une série de règles à respecter », explique le CCIB.
« Cet arrêt ne prend pas en compte la réalité du vécu des femmes musulmanes, premières victimes de l’islamophobie dans beaucoup de pays européens, qui ont un besoin urgent de politiques inclusives dans l’accès à l’éducation et à l’emploi », poursuit le collectif. « Cette décision de la Cour va à l’encontre de la mixité en poussant les femmes à l’humiliation aux portes de l’entreprise ou à l’isolement socio-professionnel », selon Mustapha Chairi, président du CCIB. La CJUE a estimé mardi qu’un règlement de travail interdisant le port visible de signes politiques ou convictionnels, comme un voile islamique, ne constitue pas une discrimination directe.
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