Ce mardi 9 mai se tient le jugement du procès de Basuki Tjahaja Purnama, surnommé Ahok, ancien gouverneur chrétien de Djakarta accusé d’avoir insulté l’islam. Un événement sensible en Indonésie, pays comptant le plus de musulmans au monde, dont 90 % de la population est de confession musulmane.
Issu de la minorité chinoise, Basuki Tjahaja Purnama, 50 ans, a été, entre 2014 et 2017, le premier gouverneur non musulman de la capitale indonésienne depuis plus d’un demi-siècle. Il a construit sa popularité grâce à son engagement en faveur de la lutte anti corruption à Djakarta, métropole de dix millions d’habitants. Son franc-parler lui a valu des inimitiés, notamment parmi les partisans d’une ligne dure de l’islam, opposés à un gouverneur de confession chrétienne.
En septembre 2016, à la suite de récentes déclarations lors de la campagne pour l’élection du gouverneur, il est accusé d’avoir insulté le Coran. Il avait déclaré que l’interprétation par certains oulémas (théologiens musulmans) d’un verset du Coran selon lequel un musulman ne doit élire qu’un dirigeant musulman, était erronée.
Sur les réseaux sociaux, son discours a provoqué la colère des musulmans. Ceux-ci ont qualifié ses déclarations « d’insulte » à l’islam. En novembre, plusieurs organisations islamistes ont appelé à son arrestation et ont organisé une manifestation à Djakarta qui réunit plus de 100 000 personnes.
Par la suite, Ahok est inculpé pour « blasphème » et l’affaire est renvoyée au tribunal en décembre 2016. Dans ce contexte, il perd son siège de gouverneur en avril dernier, face à l’intellectuel musulman et ancien ministre de l’Éducation Anies Baswedan.
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