9:49 - July 29, 2017
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La description est juste. De la mosquée proprement dite, on ne voit rien. Juste des murs de tôle qui encadrent un grand terrain avec des barbelés au-dessus, pour empêcher que les auteurs de ces graffitis ne s’en prennent à la construction elle-même.
Les musulmans d’Athènes attendent toujours leur mosquée
Autour, des bâtiments vides abandonnés, tagués, se succèdent. Le quartier de Botaniko, un peu en dehors d’Athènes, n’est pas très attrayant. C’est un quartier simili-industriel où les pompes à essence côtoient les commerces de gros, avec çà et là quelques échoppes si propres à la Grèce où l’on peut trouver un café et un toast à grignoter.

Naim Egnatour, président de l’association des musulmans de Grècedit :"J’ai perdu ma confiance. J’y croirai quand je la verrai."

Sa femme, Anna Stamou, une grecque convertie qui porte le foulard bien serré, est plus virulente : "Nous sommes des citoyens qui payons nos taxes, remplissons nos engagements et participons à la vie du pays. Pourquoi n’aurions-nous pas, nous aussi, un lieu de culte officiel, correct ?" Même son de cloche chez Yunus Muhamadi, médecin afghan, établi de longue date au pays, qui relève qu’Athènes est la seule capitale européenne sans mosquée. "Il faut qu’elle devienne une réalité. Pour les jeunes surtout. On ne peut pas continuer à prier dans des trous à rats."

Le financement de l’Etat critiqué
De fait, si les musulmans de Thrace, de Kos, et Rhodes ont leur mosquée, ceux de l’Attique se retrouvent à prier dans des sous-sols insalubres, des garages nauséabonds humiliants pour tout croyant et pas seulement. Une centaine de ces "lieux de culte" sont répertoriés. Tous illégaux mais tolérés.

La future mosquée, ouverte à tous les courants de l’islam, devrait pouvoir accueillir 400 fidèles sur 500 m², dont 50 femmes, pour un coût total de 946 000 millions d’euros, à charge de l’Etat. Ce qui suscite pas mal de critiques dans un pays en récession depuis huit ans. Elle devait être prête en avril, puis le gouvernement a parlé du mois d’août pour finalement repousser de façon plus générale à "l’été"…
lalibre.be

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