L'intégration des immigrés de confession musulmane fait de «vrais progrès» en Allemagne, France, Royaume-Uni, Suisse et Autriche, malgré les obstacles dans l'éducation et l'accès à l'emploi, selon une étude de l'institut allemand Bertelsmann.
«A la seconde génération au plus tard, la majorité (des immigrés musulmans) a intégré la société générale», a souligné la Bertelsmann Stiftung dans un communiqué publié à l'occasion de la parution jeudi d'un «Moniteur de la religion» (1'000 personnes représentant la population, ainsi que 500 se disant musulmanes, interrogées dans chacun des pays étudiés).
L'institut a retenu plusieurs indicateurs d'intégration pour les musulmans --qui représentent environ 5% de la population en Europe de l'Ouest, selon l'étude--, comme le niveau d'éducation, l'emploi et la rémunération, le lien exprimé avec le pays d'accueil ou encore le temps libre passé avec des non musulmans. [...]
[...] Ainsi, 28% des personnes interrogées en Autriche disent ne pas vouloir de voisins musulmans. Ils sont 21% au Royaume-Uni, 19% en Allemagne, 17% en Suisse et 14% en France, et les taux de rejet sont bien moindres si on les interroge sur l'éventualité d'avoir des voisins «homosexuels» ou «d'une couleur de peau différente». [...]
[...] La situation est quasiment inversée en Allemagne, avec une orientation jugée trop précoce des élèves vers la scolarisation professionnelle (64% seulement des immigrés musulmans a poursuivi l'école après 17 ans) ce qui «tend à perpétuer les désavantages liés à l'origine».
En revanche, «la capacité d'absorption du marché du travail est relativement bonne et les barrières d'accès pour les migrants relativement basses», d'où un taux de chômage de 5% chez les immigrés de confession musulmane (contre 7% dans la population totale). Dans tous les cas, leurs niveaux de rémunération restent inférieurs à la moyenne. [...]
AFP