En entrevue à LCN samedi pour parler de la question de la polarisation dans la société, M. Geoffroy a confié qu’avec les réseaux sociaux, les extrémistes et les extrêmes ont voix au chapitre plus qu’auparavant. Ce constat, il le fait en observant ce qui se dit sur le web.
«Aujourd’hui, tout le monde peut donner son opinion, a-t-il indiqué. Les gens qui s’expriment sur la place publique ne sont plus seulement ceux qui ont un discours modéré.»
Professeur de sociologie au Cégep Édouard-Montpetit de Longueuil depuis 2013, Martin Geoffroy dirige aussi le Centre d’expertise et de formation sur les intégrismes religieux et la radicalisation (CEFIR). Il a fait part de son analyse alors que se tient à Québec deux manifestations aux antipodes: les manifestations de La Meute et de Storm Alliance d’un côté, et une contre-manifestation des antifascistes de l’autre.
«Que ce soit à l’intérieur de la droite ou de la gauche, on a constaté que les gens qui sont plus modérés se font crucifier sur internet parce qu’ils ne sont pas assez extrêmes», a-t-il fait savoir.
«Les propos sont assez violents, les réactions sont assez virulentes», a-t-il poursuivi, parlant d’une polarisation inquiétante.
«Si tu es de gauche modérée, pour l’extrême gauche tu es de droite, tu es même [parfois] d’extrême droite», a-t-il illustré.
Martin Geoffroy a notamment évoqué le procédé utilisé par les partisans de discours extrêmes. «On va crucifier sur internet les individus, on va s’attaquer à leur crédibilité», a-t-il dit, y voyant un lien avec l’adage «avec nous ou contre nous».
«On est vraiment socialement dans ce mode là ou si tu n’es pas d’extrême gauche, si tu n’es pas un antifasciste pur et dur, bien tu es nécessairement dans La Meute [et inversement], si tu n’es pas un mouton, tu es un vendu multiculturaliste de gauche», a-t-il ajouté.
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