
Dimanche 7 janvier, jour du Noël orthodoxe, au cours d’une cérémonie d’inauguration solennelle, en présence du Premier ministre bulgare, Boïko Borissov, et du Premier ministre turc, Binali Yildirim, l’homme fort d’Ankara s’est félicité que la belle rénovation de « l’église de fer » et sa réouverture constituent le symbole fort de la coexistence harmonieuse des cultes qui règne dans son pays.
A travers cette grande réalisation, le président Erdogan entend adresser un message important à la communauté internationale, s’imposant comme un protecteur du patrimoine religieux et des droits des minorités sur le territoire national, n’en déplaise à ses farouches détracteurs qui refusent obstinément que l’Union européenne s’étende jusqu’au Bosphore.
Profitant de l’occasion pour rappeler que la Turquie a restauré des dizaines de lieux de culte chrétiens et juifs durant ces dernières années et que des centaines de propriétés ont été restituées par l’Etat aux minorités religieuses, il a déclaré : « La Turquie a contribué à la restauration de plus de 5 mille vestiges archéologiques au cours des 15 dernières années, tant en Turquie, que dans les Balkans, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, Asie du Sud, Europe centrale et orientale et en Asie ».
« Nous croyons qu’il est de la responsabilité des Etats d’assurer la liberté de croyance des personnes de toute religion ou ethnie », a insisté le président turc, tout en se réjouissant que pas moins de 14 églises et une synagogue aient été réhabilitées récemment.
« Les quelques périodes sombres turco-bulgares limitées dans l’histoire ne doivent pas éclipser les longues périodes de coexistence », a-t-il appelé de ses vœux, ajoutant : « En prenant l’Eglise de Fer pour exemple, nous pouvons entreprendre un effort commun pour préserver notre patrimoine culturel ».
Un effort que la Bulgarie doit aussi consentir à faire de son côté, en s’attelant à valoriser la richesse du patrimoine islamique sur ses terres, comme n’a pas manqué de le faire observer Recep Tayyip Erdogan. Il a exhorté les autorités bulgares à aller au chevet des mosquées, sanctuaires, ponts et autres bâtiments construits à l’époque ottomane, animées par le même désir de redonner de leur lustre à ces édifices musulmans que les autorités turques à l’égard d’édifices chrétiens.
oumma