
Il a été premier ministre de Malaisie 1981 à 2003. En 2003, il démissionne à 77 ans et après 22 ans au pouvoir pour laisser la place à d’autres. Mais ces autres après lui auront trahi son héritage et sombré dans les méandres de la corruption. Son peuple l’a donc rappelé au pouvoir à 92 ans pour aider à reconstruire un pays en pleine crise politique malgré son économie florissante.
Avec une carrière politique de plus de sept décennies, il est l’une des personnalités politiques les plus respectées en Malaisie et dans le monde musulman. Il a été aussi contesté pour des positions parfois accusées d’antisémites, anti-chinoises ou radicales, mais ceux qui l’ont connu personnellement n’auront jamais tari d’éloges pour cet homme au sourire sincère, au comportement et à l’éthique exemplaire, qui n’hésite pas à provoquer les consciences à travers des positions volontairement marquées et fièrement musulmanes.
Au cours de son mandat précédent en tant que Premier ministre, ses politiques visionnaires ont aidé la Malaisie à emerger d’un pays pauvre d’Asie du Sud-Est à un « dragon d’Asie » en plein essor leader dans beaucoup de domaines industriels, technologiques et scientifiques. La Malaisie est aussi l’un des pays les plus attirants pour les touristes musulmans du monde entier, avec ses paysages magnifiques, ses îles paradisiaques et son peuple à l’hospitalité légendaire.
Mahathir a largement aidé à mettre en place un climat propice pour que les entreprises prospèrent et a rendu l’éducation accessible à toute la population du pays. Bien que ses politiques lui aient valu beaucoup de critiques, Mahathir n’a jamais douté de ses convictions: fièrement musulman, fièrement Malais dans un pays où l’économie est dirigée par la minorité chinoise, il a mis efficacement en place des politiques de discrimination positive et de renforcement de l’identité culturelle du pays qui auront sorti des milliers de natifs malais de la misère des campagnes. Parmi ses citations on relève: « Nous sommes des fondamentalistes puisque nous suivons à la lettre les préceptes de l’islam qui demandent aux musulmans de faire preuve de modération et de vivre en paix avec les autres communautés. Nous ne nous considérons pas comme des musulmans « modérés » ce qui signifierait que nous avons allégé notre religion. Nous sommes de vrais musulmans et nous devons à ce titre développer notre pays ».
Il a souvent payé le prix de ses convictions, notamment quand il a été exilé de la politique pour avoir critiqué la loi. Son livre le « Dilemme Malais » a joué un rôle important dans son parcours politique, lui valant tour à tour exil et consécration. Sa longue carrière l’a cimenté en tant que figure la plus influente de l’histoire politique de la Malaisie. Son retour aujourd’hui est synonyme d’espoir en Malaisie. Mais prions pour qu’il assure le plus tôt possible sa succession avec cette fois des gens de son calibre et de son éthique pour continuer l’élan de ce dragon d’Asie fierté du monde musulman.
ajib