Islamophobie : un sexagénaire interpellé à Vienne

10:45 - July 01, 2018
Code de l'info: 3466614
Andillé. Le sexagénaire interpellé lors du coup de filet visant des militants accusés de préparer des actions violentes contre des musulmans a été incarcéré.

Le commissariat de police de Poitiers, où a été interrogé le suspect qui nie toute velléité d'action violente.

Détention. Depuis jeudi matin, Dominique Compain, un Poitevin de 64 ans accusé avec neuf autres personnes de faire partie d’un groupe dangereux qualifié d’ultradroite par les autorités, est incarcéré.

Il venait d’être mis en examen pour association de malfaiteur terroriste criminelle, accusé d’avoir fait partie d’un groupe fomentant des actions violentes contre des musulmans.


Si les convictions du sexagénaire d’Andillé n’étaient un mystère pour personne (lire notre édition de mercredi), l’idée de le voir passer à des actions violentes laissent pantois ceux qui ont croisé sa route.

Mais aussi, chez ceux qui faisaient partie du même groupe de pensée au sein de Réveil patriote.

 « Oui, Dominique était l’adjoint de notre chef, Guy Sibra (NDLR : incarcéré lui aussi), mais il était chargé de gérer la partie administrative quand des personnes se présentaient pour de nouvelles adhésions.

 Après, un responsable régional rencontrait la personne pour la jauger », assure celui qui a repris le flambeau depuis les arrestations. Ancien militaire qui se présente sous le pseudo fantaisiste du Colonel de Guerrelasse (1), il conteste toute velléité violente du groupe.

Remise en liberté

« C’est du grand n’importe quoi. Dominique ne ferait pas de mal à une mouche. Chez lui, j’y suis allé, c’est un portrait du général de Gaulle que l’on trouve, pas celui d’Hitler. Il y a bien eu un gars dans les embastillés qui jouait au petit chimiste et qui avait testé une fois des explosifs en forêt, un autre qui avait un projet d’action personnel, mais ce n’est pas notre vocation. Nous, on s’entraîne pour s’organiser au cas où. 

En septembre prochain, on fait une formation de déplacement en ville en cas de crise. On fait de la self-défense, de la topo, des choses comme ça. C’est pour cela que nous avions quitté les Volontaires pour la France, en septembre 2017, ça n’avançait plus, nous, on voulait s’organiser, se préparer.

 A aucun moment, il ne s’est agi de commettre des violences. Un gars de la Creuse m’a appelé, il voulait tuer tous les musulmans chez lui. Je lui ai dit que rester tranquille chez lui. On ne veut pas des gars comme ça ! »Six des dix suspects mis en examen sont en détention ; deux le sont en attendant que le juge des libertés et de la détention examine plus précisément leur sort. Ils ont demandé un délai pour préparer cet aspect de leur défense.

« Il va y avoir rapidement des demandes de mise en liberté », assure l’animateur du site internet Guerre de France.


(1) Personnage de « Bons baisers de partout », un feuilleton radiophonique de Pierre Dac datant des années 60-70 et parodiant les séries d’espionnage.

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