
Lundi, les citoyens des Comores voteront pour ou contre la modification de leur Constitution. Un référendum attendu. Parmi les articles qui posent question, celui sur la religion. Actuellement, la Constitution indique que « le peuple comorien affirme solennellement sa volonté de puiser dans l’Islam, l’inspiration permanente des principes et règles qui régissent l’Union. » Le projet de nouvelle Constitution prévoit que « l’Islam est la religion d’Etat. » Rien de bien neuf. Sauf que le texte prévoit désormais que « l’Etat puise dans cette religion les principes et règles d’obédience sunnite. »
« Ce qui change, c’est qu’aujourd’hui l’Islam est la religion de l’Etat et avec le projet de Constitution, ce n’est plus l’Islam tout court, mais l’islam sunnite, et ce n’est plus la religion de l’Etat, mais c’est un critère de l’identité nationale », indique le constitutionnaliste comorien Mohamed Rafsandjani à RFI. Autrement dit, résume-t-il, « si vous n’êtes pas sunnite, vous ne faites pas partie de la communauté nationale. » Le Comorien dénonce la persécution des chiites, qui pourrait s’accroître avec ce changement de constitution après le vote du 30 juillet.
Pour Mohamed Ismaïl, le porte-parole de la présidence, « dans tous les pays arabo-musulmans, là où il y a deux Islams, le risque de confrontation, le risque de guerre si ce n’est la guerre elle-même, existe. » Or, assure-t-il, « les Comoriens ont fait leur choix : nous sommes musulmans, nous avons choisi le rite sunnite et ça ne date pas d’aujourd’hui. » Pour les chiites, minoritaires dans le pays, un changement de Constitution serait grave. Arrêtés sous couvert de lutte contre le terrorisme, plusieurs chiites dénoncent la situation aux Comores.
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