Le pontife argentin invite à construire des ponts, quand le ministre italien de l’Intérieur, un rosaire à la main, prône une politique des ports fermés.

Le pape a choisi son camp. Il a invité des migrants, des réfugiés et des opérateurs humanitaires à assister à une messe lundi matin en la basilique Saint-Pierre à l’occasion du 6e anniversaire de sa visite à Lampedusa. La cérémonie est organisée en plein affrontement entre les ONG opérant en Méditerranée et Matteo Salvini, le ministre italien de l’Intérieur qui défend sa politique radicale anti-immigration clandestine. Le pontife veut opposer à cette idéologie des ports fermés son message d’ouverture. François n’a cessé d’appeler depuis le début de son pontificat à «construire des ponts» plutôt qu’à hisser des murs.
Au terme de la prière de l’angélus dimanche, le pape a déjà demandé que ces ponts prennent forme. «Je souhaite que soient organisés de manière étendue et concertée les corridors humanitaires pour les migrants le plus dans le besoin», a-t-il lancé de la fenêtre du palais apostolique aux fidèles réunis place Saint-Pierre.
Il a aussi profité de ce rendez-vous hebdomadaire pour «inviter à prier pour les morts et les blessés de l’attaque aérienne contre un centre de détention de migrants en Libye» mardi – 53 personnes ont alors été tuées. «La communauté internationale ne peut pas tolérer des faits aussi graves», a-t-il ajouté, avant de rappeler de manière indirecte que le pays nord-africain n’abrite pas, comme l’affirme le ministre italien, de «ports sûrs» pour les personnes sauvées en mer.
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