8:40 - September 02, 2019
Code de l'info: 3470479
Une véritable purge. Le gouvernement indien vient d’exclure près de deux millions de personnes de la nationalité indienne dans la région de l’Assam, rapporte notamment Le Parisien. La plupart d’entre elles sont de religion musulmane. Désormais apatrides, elles pourraient être déportées.
Un fichier qui vise à lutter contre l’immigration illégale 
Au total, 31,1 millions d’habitants de l’Assam ont été inscrits au Registre national des citoyens (NRC), créé à l’initiative du gouvernement nationaliste hindou. 1,9 million d’autres n’y ont pas été inclus, selon un communiqué officiel. Lors de la publication de cette liste, la sécurité avait été fortement renforcée en Assam, par crainte de débordements. Aucun incident n’a été signalé. Ce fichier vise officiellement à lutter contre l’immigration illégale et demande à chaque habitant de la région de prouver sa citoyenneté indienne. Pour y être inscrit, il fallait pouvoir prouver que sa présence ou celle de sa famille était antérieure à 1971, année où des millions de personnes s’étaient réfugiées dans cet Etat en provenance du Bangladesh, en pleine guerre d’indépendance. Meurtrie pendant des décennies par les tensions religieuses et ethniques, l’Assam avait été témoin de la mort de 2 000 personnes en 1983, lors de violentes émeutes raciales. 
 
Expulser les « termites »
Si les habitants souhaitaient que ce recensement mette fin aux conflits, certains accusent les nationalistes hindous de vouloir s’en servir pour persécuter les minorités, notamment les musulmans. En janvier dernier, l’Inde avait accordé la citoyenneté aux personnes ayant quitté le Bangladesh, le Pakistan et l’Afghanistan pour l’Inde, à condition qu’elles ne soient pas musulmanes. Le ministre de l’Intérieur Amit Shah avait même appelé à expulser les « termites » et à « mener une campagne nationale visant à renvoyer les infiltrés ».
 
Les 1,9 million de personnes exclues du NRC ont 120 jours pour faire appel devant des tribunaux spéciaux. Ceux qui auront épuisé tous les recours légaux seront déclarés étrangers et potentiellement placés dans l’un des six centres de détention en vue d’une éventuelle expulsion. 
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