11:35 - October 08, 2019
Code de l'info: 3470792
Avortements et stérilisations forcées, viols… La journaliste américaine Amie Ferris-Rotman a enquêté pour le Washington Post pendant plusieurs semaines. Elle a récolté les témoignages de femmes ayant réussi à s’échapper de Chine après avoir été enfermées par les autorités chinoises.
"Certaines ont expliqué avoir été forcées de subir des avortements, d’autres se sont fait implanter des dispositifs contraceptifs contre leur gré pendant leur détention", écrit Amie Ferris-Rotman dans son article. "L’une d’elles déclare avoir été violée. Beaucoup se plaignent d’avoir subi des humiliations sexuelles. Elles ont été filmées sous la douche, les geôliers leur frottaient les parties intimes avec de la pâte de chili (extrêmement piquante et irritante)".
 
Pour la journaliste, ces témoignages sont corroborés par des associations de défense des droits de l’homme sur place mais aussi des avocats qui dénoncent une répression croissante de la Chine sur ses minorités musulmanes. Selon elle, "ces témoignages révèlent un schéma plus large d’abus, vers toutes les minorités mais spécifiquement dirigé contre les femmes, visant à réduire leur capacité à se reproduire".
 
Le Washington Post publie le témoignage de Gulzira, issue de la minorité kazakhe que les autorités chinoises auraient fait avorter alors qu’elle était enceinte de 10 semaines.
 
Interrogées par le journal sur ces pratiques, les autorités chinoises ont botté en touche, expliquant lutter contre le terrorisme.
 
En septembre dernier, Amnesty International interpellait Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU sur le drame que vivent les minorités Ouïghour en Chine, principalement dans la Province du Xinjiang. Demandant une réaction urgente de la communauté internationale, l’association de défense des droits de l’homme dénonçait : " Depuis 2017, les autorités chinoises conduisent une campagne massive, qui va s’intensifiant, d’internement, de surveillance de la vie privée, d’endoctrinement politique et d’assimilation culturelle forcée contre les Ouïghours, les Kazakhs et les autres groupes ethniques à majorité musulmane dans la province du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine. Les personnes envoyées dans ces camps ne sont pas jugées et sont privées d’accès à des avocats et du droit de contester leur placement en détention. Les autorités chinoises affirment que cette campagne d’incarcération illégale menée dans le Xinjiang est une mesure nécessaire de lutte contre le terrorisme ".
RTBF 
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