10:43 - October 14, 2019
Code de l'info: 3470842
Les Égyptiens se sont rendus pour la première fois sur la place Tahrir au Caire, depuis 2013, et ont appelé à la destitution du président égyptien actuel, Abdel Fattah al-Sisi.
Les manifestations ont commencé en Égypte, après que l'homme d'affaires et acteur égyptien, Mohammed Ali, qui affirme avoir travaillé avec l'armée égyptienne pendant des années, et vit actuellement en Espagne, a réalisé des vidéos sur les grands palais présidentiels et sur la corruption au sein de l'armée et de la famille de Sisi. 
 
La manifestation a commencé à la place Tahrir au centre-ville du Caire, et s'est poursuivie pendant plusieurs jours dans certaines villes. Les manifestants ont scandé des slogans contre le gouvernement et al-Sisi, exigeant sa destitution. Malgré le soutien de certains partis politiques tels que  le Parti de l'indépendance, le Parti social-démocrate et les socialistes révolutionnaires, ces manifestations n'ont pas été maintenues en raison de l'absence d'un leadership cohérent et fort, et al-Sisi a finalement mis fin aux protestations en invitant ses partisans à organiser un rassemblement.
 
Iqna a organisé une conférence sur l’échec des récentes manifestations égyptiennes et les raisons de la popularité d'Al-Sisi, afin d'examiner la situation politique et économique en Égypte, où l'expert Mojtaba Amani, ancien chef du bureau iranien pour la protection des intérêts au Caire, et Seyed Abdul Amir Nabavi, chercheur iranien et analyste sur l'Egypte et l'Afrique du Nord, ont présenté leurs points de vue et leurs analyses sur la question.
ضعف اقتصاد مصر به دلیل نفوذ ارتش و وابستگان حکومت / تشدید فضای بسته سیاسی پس از 2013
 
Mojtaba Amani a déclaré : « Les problèmes qui existent dans la société égyptienne sont une série de problèmes politiques, économiques et psychologiques causés par la frustration au cours des dernières années, ainsi que par le contexte culturel et social. Cependant, il est clair que Mohammed Ali n’a ni le pouvoir ni la capacité de poursuivre ces manifestations, et compte tenu de l’atmosphère actuelle, ce sont d’autres groupes, en particulier les Frères musulmans, qui sont en mesure d’accroître ces pressions et d’entraîner un changement politique en Égypte. Les Egyptiens détestent les Etats-Unis et l'Arabie Saoudite. Les Américains sont détestés par les Égyptiens pour leur soutien à Sadate, Moubarak et al-Sisi, ainsi que par l'élite du pays qui reproche à l'Amérique d'être responsable du retard de l'Égypte, et ils détestent Israël pour son occupation de la Palestine. L’Égypte ne veut pas normaliser ses relations avec le régime sioniste mais à mesure que l’Égypte s'affaiblit économiquement et politiquement, les Américains la poussent de plus en plus vers le régime sioniste. L’Égypte dispose d’un ensemble d’institutions telles que l’armée, la police, les forces de sécurité, l’économie, les médias, le système judiciaire et les institutions religieuses, qui appliquent toutes les idées et les conceptions de l’État profond. Après la révolution égyptienne qui a conduit à la chute de Moubarak, nous avons tenté d'éliminer les 30 années de retard créées par le régime de Moubarak. Nous avons également essayé d'éliminer la vision négative de l'Iran qui était apparue à l'époque de Sadate, sous l'empire des médias sionistes. Nous avons donc décidé de faire venir des élites égyptiennes en Iran. Toutefois, après la montée d'al-Sisi au pouvoir, les voyages de l'Egypte en Iran ont été suspendus et aucun Égyptien ne peut actuellement se rendre en Iran. Cependant, environ 1700 personnes ayant accès aux médias, sont venues en Iran au cours de ces années et ces voyages ont eu un effet profond sur la modification de la compréhension de l'élite égyptienne. Nous avons reçu environ cinq groupes de 30 à 40 journalistes en Iran, et ces actions ont changé la vision des Égyptiens à l'égard de l'Iran. En Égypte Nous ne pouvons pas tracer une ligne de démarcation claire entre chiites et sunnites, mais être chiite en Egypte est généralement un crime surtout pour les chiites qui ont des relations avec l’Irak ou l’Iran ».
ضعف اقتصاد مصر به دلیل نفوذ ارتش و وابستگان حکومت / تشدید فضای بسته سیاسی پس از 2013
Sayed Abdul Amir Nabavi a déclaré que ces manifestations devaient être étudiées dans le contexte des problèmes économiques et politiques égyptiens.
 
« Les problèmes économiques de l'Egypte ne sont pas nouveaux. L'économie égyptienne est au bord du précipice depuis près d'un siècle. La situation économique de l'Égypte n'a jamais été réglementée, surtout après Jamal Abdel Nasser. Par la suite, des efforts ont été déployés pour réduire le pouvoir du gouvernement et la privatisation a suivi avec Sadate et Moubarak, mais sans succès à cause d’une corruption économique profondément enracinée en Égypte. Comme dans de nombreux autres pays du Moyen-Orient, la privatisation a eu des effets négatifs et n'a pas profité à l'économie de ces pays ni au peuple, y compris en Egypte. Il y a trois ans, le gouvernement égyptien a emprunté 12 milliards de dollars pour apporter une solution au déficit et stimuler la croissance économique. La première idée qui est venue à l’esprit a été de réduire les subventions. Ainsi, il y a trois ans, le taux de la livre égyptienne a chuté de 50% et les subventions aux transports, à l'eau et à l'électricité ont fortement diminué depuis 2018. Cela a conduit à une augmentation du nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté, selon les statistiques officielles, et au moins 1/3 des Égyptiens sont maintenant sous le seuil de pauvreté, selon les statistiques mondiales, avec en plus 60000 prisonniers politiques. Ces manifestations sont davantage un signe de baisse de popularité. Mais plus important que le déclin de la popularité d’al-Sisi est la possibilité que ces manifestations puissent être encadrées et redirigées surtout après la fermeture de l’espace politique égyptien, en particulier après 2013, et la répression généralisée des dissidents et des critiques. Le groupe le plus important est celui des Frères musulmans, mais nous savons qu'aujourd'hui, les Frères musulmans ont été réprimés en Égypte, et qu'un grand nombre de ses militants de rang inférieur ont été arrêtés. Le soutien de certains partis peut encourager les manifestations, mais cela ne mènera pas à des résultats profonds.  Ces partis sont incapables de mener des manifestations politiques et économiques dans l'Égypte actuelle, et les forces de sécurité répriment sévèrement toute activité critique, même au niveau des journalistes et des blogueurs, et les empêchent d'organiser les manifestations. L’Égypte est un des pays où la situation des droits de l’homme est désastreuse, mais ce n’est pas le seul pays, de nombreux journalistes sont également emprisonnés en Chine et en Turquie », a-t-il dit.
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