7:41 - November 10, 2019
Code de l'info: 3471045
La Cour suprême indienne a autorisé l'édification d'un temple hindou à Ayodhya, où une mosquée avait été détruite en 1992.
La Cour suprême indienne a autorisé ce samedi la construction d'un temple hindou à Ayodhya, dans le nord, sur un site contesté où une mosquée avait été détruite en 1992, une victoire éclatante pour le gouvernement nationaliste du Premier ministre Narendra Modi. 
 
Cette décision fait cependant craindre de nouvelles violences entre les deux communautés. La destruction de l'ancienne mosquée en 1992 par des nationalistes hindous avait provoqué de sanglantes émeutes intercommunautaires et fait quelque 2000 morts. 
 
Le président Modi se félicite de la décision
Dans son arrêt, la plus haute juridiction indienne a ordonné que le site soit confié à un trust qui y construira, sous certaines conditions, un temple hindou, tandis qu'un autre terrain sera remis à des groupes musulmans pour y bâtir une nouvelle mosquée. Selon la presse indienne, la Cour a estimé que des preuves archéologiques montraient qu'une structure "d'origine hindoue" avait été construite sur le site avant la mosquée. 
 
 
Narendra Modi s'est immédiatement félicité de ce jugement, en affirmant qu'il réglait "à l'amiable" une querelle datant de plusieurs décennies entre la majorité hindoue et la minorité musulmane du pays. "La justice a conclu à l'amiable une affaire qui durait depuis des décennies", a-t-il twitté. "Chacun des deux camps, chaque point de vue a eu l'occasion et le temps d'exprimer des opinions divergentes". Pour le chef du gouvernement, "ce verdict va accroître encore la confiance de la population dans les processus judiciaires". 
 
 
Des années de violences
Avant l'annonce de la décision de la Cour suprême, les autorités avaient renforcé la sécurité dans tout le pays et le Premier ministre avait appelé la population au calme et placé la police en état d'alerte. Des milliers de membres des forces de sécurité avaient été déployés dans et autour d'Ayodhya et les écoles avaient été fermées. Des barrages de police avaient également été érigés aux abords de la Cour suprême à New Delhi. 
 
L'arrêt de la Cour suprême devrait, selon les autorités, mettre un terme à des années de polémique et de violences autour de la mosquée du XVIe siècle détruite en 1992 par des nationalistes hindous. Ceux-ci, parmi lesquels les partisans du Bharatiya Janata Party (BJP) du Premier ministre Narendra Modi, croient que Ram, leur dieu guerrier, est né à Ayodhya et que Babur, le premier souverain musulman de l'empire moghol, y avait fait construire la mosquée Babi sur le site d'un temple hindou.  
 
Les pires violences en Inde depuis l'indépendance
Dans le cadre d'un mouvement lancé dans les années 1980, quelque 200 000 nationalistes hindous s'étaient lancés en 1992 à l'assaut de la mosquée pour la détruire. L'attaque avait déclenché les pires violences en Inde depuis l'indépendance en 1947 : quelque 2000 personnes, essentiellement des musulmans avaient été tuées. Dix ans plus tard, l'incendie d'un train en provenance d'Ayodhya avait tué 59 militants hindous, provoquant de nouvelles émeutes qui avaient fait un millier de morts. En 2010, un jugement avait accordé un partage du site de 1,1 hectare entre les deux communautés, largement en faveur des Hindous, qui n'avait pas permis de mettre un terme au conflit. 
 
Ces derniers jours, le Premier ministre Narendra Modi avait appelé la communauté hindoue à ne pas célébrer de manière véhémente un éventuel verdict favorable, tandis que des représentants de la communauté musulmane avaient également appelé les fidèles au calme. "Quel que soit le verdict de la Cour suprême, il n'y aura ni gagnant ni perdant", avait tweeté Modi vendredi soir. "J'appelle le peuple d'Inde à garder pour priorité que ce verdict renforce les valeurs de paix, d'égalité et bonne volonté de notre pays", avait-il ajouté.  
lexpress
Prénom:
Email:
* Commentaire: