10:42 - June 01, 2020
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Téhéran(IQNA)-Le salafisme est apparu au Kazakhstan au début des années 90 dans les provinces de l'Ouest considérées comme les plus ouvertes à l'influence salafiste en raison de leur proximité avec les régions du Caucase de la Fédération de Russie et de la présence des travailleurs immigrés dans les secteurs du pétrole et du gaz. 
L’intérêt des jeunes pour les groupes takfiris est un grave problème de sécurité au Kazakhstan. Le nombre exact des salafistes au Kazakhstan n'est pas connu. Les responsables du pays parlent de 15 000 adeptes de ce mouvement souvent appelés « wahhabites » bien que les salafistes n'utilisent pas ce titre pour eux-mêmes. Les salafistes veulent revenir au mode de vie et à la croyance des justes prédécesseurs, et rejettent toutes les innovations religieuses ultérieures qu’ils considèrent comme des hérésies. 
 
Les salafistes du Kazakhstan sont des opposants intransigeants aux courants soufis. Ils condamnent fermement le caractère sacré des cheikhs, le pèlerinage aux lieux saints et d'autres rites du soufisme qu’ils considèrent comme des actes d'idolâtrie et des hérésies. 
استان‌های غربی قزاقستان، تأثیرپذیرترین مناطق در نفوذ سلفی‌گری
Au Kazakhstan, outre le terme salafiste, le mot « wahhabite » est également largement utilisé. Bien sûr, tout mouvement islamique radical en Asie centrale, est appelé « wahhabite ». La séparation des concepts de « salafistes » et de « wahhabites » est artificielle, car ils se considèrent tous comme des adeptes de la soi-disant « religion pure » et de l'islam traditionnel sans caractéristiques locales.
 
Comme les salafistes n'acceptent pas l'administration musulmane officielle du Kazakhstan, des affrontements sont courants entre l'administration musulmane et les forces de l'ordre d'une part, et les salafistes d'autre part. Les membres des groupes salafistes depuis 1999, sont l’objet d’arrestations et de harcèlement physique.
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Les premières attaques terroristes au Kazakhstan ont eu lieu en 2011 et des attaques similaires ont eu lieu l'année suivante. Selon Vladimir Jumakanov, chef du Comité de sécurité nationale du Kazakhstan, presque tous ces incidents étaient liés aux salafistes. En 2016, le président du Kazakhstan, Nursultan Nazarbayev, quelques jours après les attentats terroristes dans la ville d'Oktube, a souligné que les terroristes appartenaient au mouvement salafiste. 
 
La commission des affaires religieuses du ministère de la Culture et des Sports du Kazakhstan a reconnu la possibilité d’interdiction des activités salafistes des groupes Hizb ut-Tahrir, Jamaat al-Tabligh, al-Takfir et al-Hijra (un groupe d'extrémistes musulmans). 
 
En 2017, Norgaly Bilisbekov, vice-président du Comité de sécurité nationale, a accusé les salafistes de la création de nouveaux groupes radicaux et de bases sociales pour la propagation d'idéologies extrémistes. Selon lui, dans les années qui ont suivi la mise en œuvre de programmes de lutte contre l’extrémisme religieux et le terrorisme, les actions ciblées concernaient 90,7% des chefs religieux, mais 70 dirigeants et militants salafistes ont manifesté leur volonté de rester fidèles aux valeurs de la société kazakhe.
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Le Comité de sécurité nationale a annoncé en 2013, qu'il y avait 24 communautés radicales salafistes au Kazakhstan qui comptaient 495 membres. 
 
Salamis Galim Shaykin, directeur de la commission des affaires religieuses du ministère de la Culture et des Sports du Kazakhstan, et le politologue Damiamiriamov ont déclaré que les salafistes représentaient environ 5 à 10% de la population musulmane pratiquante du Kazakhstan.
 
Les responsables et les religieux du Kazakhstan sont opposés à l'utilisation de signes physiques qui indiquent l’appartenance à un courant salafiste. En 2018, le ministère kazakh des Affaires religieuses et de la société civile a proposé à la Chambre des représentants des amendements à la loi sur les activités et les associations religieuses, qui prévoyaient l'interdiction d'afficher en public l’appartenance à des « courants religieux destructeurs ». Selon le ministre des Affaires religieuses de l'époque, Nurlan Yermikayev, ces signes comprennent la couverture complète du visage, un modèle spécial de barbe et le port de short.
 
La position officielle de l'Autorité musulmane kazakhe est qu'avoir une barbe est facultatif, mais pour les wahhabites, le rasage est un péché. Selon Dosai Kenjei Tai, docteur en philosophie et théologie à l'Université Eurasia, les hommes kazakhs à barbe et les femmes voilées sont généralement des adeptes du mouvement salafiste.
 
Andriy Chebatirov, directeur du Centre d'étude des problèmes et des alternatives, estime que les responsables kazakhs ont tendance à rechercher les opposants à l'état de droit, parmi les croyants.
 
Selon Talgat Mamiraymov, politologue kazakh, les actions des services de sécurité du pays ont conduit à des activités terroristes de radicaux religieux. Souvent, les causes de ces attaques terroristes ne sont pas des convictions religieuses, mais une volonté de vengeance contre les forces de sécurité qui ont envoyé des extrémistes dans des prisons sur de fausses accusations, les ont torturés, leur ont interdit de faire les prières obligatoires et les ont forcés à manger du porc.
 
Les autorités kazakhes pour lutter contre le salafisme, ont recouru à la construction de nouvelles mosquées, à la fermeture des centres religieux qui promeuvent les idées salafistes comme le Centre culturel saoudien d'Almaty et à l'identification des personnes radicalisées avec l'aide de religieux et de psychologues, et à la surveillance 10 000 sites Internet pour identifier les contenus extrémistes et bloquer l'accès à ces sites. Cependant, l'interdiction officielle des activités des salafistes n'a pas encore été imposée et il n'y a actuellement aucun contrôle strict sur les salafistes au Kazakhstan comme c’est le cas en Ouzbékistan et au Tadjikistan.
 
Les Frères musulmans ont demandé à plusieurs reprises l'interdiction du salafisme au Kazakhstan et proposé de modifier la loi sur la religion pour interdire tous les courants islamiques au Kazakhstan, à l'exception de la religion Hanafite. Cependant, les experts disent que suivre la religion Hanafite ne signifie pas le rejet des opinions extrémistes, et que la plupart des représentants des Talibans et d'Al-Qaïda suivent cette école islamique.
 
Selon les Muftis, il y a un salafisme radical (Takfiri) et un salafisme modéré, mais tous les deux sont dangereux car ils opposent les jeunes à l'administration des musulmans du Kazakhstan et aux imams des mosquées.
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Selon des représentants du Centre d'analyse et de recherche sur les affaires religieuses, le salafisme se développe en poussant les jeunes Kazakhs à étudier dans des centres d'enseignement religieux étrangers et en publiant des livres religieux en russe et en kazakh. Ces activités ont lieu partout et en particulier dans les zones reculées.
 
Les prédicateurs salafistes les plus célèbres du Kazakhstan sont les frères Na'il (Abu Saleh) et Rinat (Muhammad) Zinalin, Nazratollah Abdul Qadiruf (Abu Maryam), Dilmorad Mohammadov (Abu Muhammad) et Oktam Zawarbekov (Abu Abdul Rahman).
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