8:50 - July 01, 2020
Code de l'info: 3473312
Téhéran(IQNA)-Les Nations unies et la majorité de ses membres qui soutiennent le régime d’Israël et craignent sa décomposition ont rejeté à l’unisson le plan d’annexion de certaines parties de la Cisjordanie.
« Restreindre la question palestinienne et le litige arabo-israélien sur la stratégie du gouvernement de Benjamin Netanyahu qui prévoit d’annexer 30 % de la Cisjordanie et de la Vallée du Jourdain, a écrit Abdel Bari Atwan, éditorialiste du journal transrégional Rai al-Youm, est une offense et un discrédit de la cause palestinienne ; non seulement les territoires destinés à une future annexion sont déjà occupés, mais toute la Palestine est sous occupation. Or, le silence face à des décennies d’occupation et la complicité de l’Occident avec Israël, ainsi que la fidélité aux accords d’Oslo et ses fausses promesses sont une erreur, voire un crime. »
 
La zone A qui est sous la souveraineté « factice » de l’Autorité autonome palestinienne, représente moins de 18 % de la Cisjordanie, mais les zones B et C représentent 82 % de la superficie totale de la Cisjordanie.
 
Les oppositions au plan d’annexion israélien sont également nombreuses en Europe et au sein des pays arabes. Dans leur lettre ouverte, les élus de Parlements nationaux et européen expliquent être « profondément préoccupés » par le « précédent » qu’une annexion créerait dans les relations internationales et par « l’impact qu’aura cette annexion sur la vie des Israéliens et des Palestiniens ». Mais il va de soi que cette opposition résulte plutôt de leur préoccupation quant à l’effondrement d’Israël que d’un vrai souci pour les droits légitimes du peuple palestinien. Et pour cause, aucun pays européen n’a menacé d’imposer des sanctions au régime occupant. Seuls des avertissements et des appels au désistement ont été lancés. La Hongrie et l’Autriche ont même évité d’utiliser le mot de « condamnation ».
 
Atwan estime que pour les alliés européens d’Israël, l’étranglement du plan de l’Autorité autonome palestinienne, l’effondrement sécuritaire et l’explosion de l’Intifada (ou la résistance en Cisjordanie) signifient un retour à la case départ, à la situation antérieure aux accords d’Oslo qui a été marquée par le soulèvement armé des jeunes de Gaza.
 
La plus grande erreur commise par l’Autorité palestinienne, héritière de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), a été son silence face à l’occupation et sa coordination avec les services du régime sioniste. Pendant plus de 27 ans, l’Autorité palestinienne est devenue un outil de sécurité en soutien aux colons israéliens en échange de quelques pots-de-vin et de compensations financières. Résultat : la cause nationale des Palestiniens a perdu de son importance et a été reléguée au second plan.
 
Les autorités sionistes ont planifié de s’emparer de toutes les terres palestiniennes et de faire des Palestiniens des « esclaves ».
 
Le plan d’annexion consiste en premier lieu à contrôler les terres agricoles où la population est faible et leurs ressources en eau, et à placer au second plan les blocs de colonies tels que Naplouse, Al-Khalil et Toulkarem. Ce sera un « transfert » ou une expulsion vers la Jordanie, autrement dit une répétition du scénario d’une « évacuation » comme celle effectuée en 1947 et 1948, en particulier sur la côte palestinienne et dans d’autres zones à al-Khalil.
 
Le Royaume de Jordanie, limitrophe de la Cisjordanie, a adopté la position la plus ferme. Le roi Abdallah, dont les sujets sont pour moitié d’origine palestinienne, enchaîne les coups de téléphone et les vidéoconférences avec ses pairs arabes, l’administration américaine et les responsables européens, brandissant le spectre d’un « conflit majeur » en cas d’annexion. Il sait que toute mesure d’annexion, qu’elle soit limitée à des blocs de colonies ou bien qu’elle recouvre l’ensemble de la vallée du Jourdain, enterrerait définitivement la solution à deux États, socle du processus de paix au Proche-Orient.
 
Le régime israélien cherche à annexer la Vallée du Jourdain, non seulement parce qu’elle est la principale source d’eau et se compose de terres agricoles fertiles, mais aussi parce que la région formera à l’avenir la frontière orientale de la Palestine. Par conséquent, il est interdit d’avoir tout contact frontalier avec la profondeur arabe et de répéter l’erreur de ne pas fermer les frontières de la bande de Gaza avec la profondeur de l’Égypte, qui est la porte d’entrée pour le transfert d’armes et de missiles des mouvements du Hamas et du Jihad islamique.
 
Notre principal problème est la manière et l’intensité de la « réaction » de l’Autorité palestinienne et des courants islamiques à ce plan, ainsi que leur stratégie avant et après sa mise en œuvre.
 
En fin de compte, le régime israélien se trouve dans sa plus faible position ; il est entouré de toutes parts par des ennemis et des missiles et son implication dans une guerre lui coûterait extrêmement cher. Par ailleurs, les risques du transfert de missiles balistiques en Cisjordanie à l’instar de Gaza, Saada ou du sud du Liban sont grands, ce qui créerait de nouvelles règles de jeu, toujours selon le journaliste arabe.
 
Nous préférons rester vigilants, écrit Atwan. Parce que nous ne faisons pas confiance aux menaces d’arrêter la coordination sécuritaire. Et comment pouvons-nous faire confiance, alors que l’un des chefs de file des services de sécurité a déclaré au New York Times que même après la rupture de la coordination avec les Israéliens, les forces de l’Autorité continueront de lutter contre le « terrorisme » qui menace les colonies israéliennes. Cela signifie se porter volontaire pour soutenir le régime d’occupation.
 
La suspension ou l’ajournement du plan d’annexion ne devrait pas être considéré comme une réussite ou une victoire ou une concession de la part d’Israël. Il faut voir le revers de la médaille et continuer à prendre les mesures nécessaires pour combattre l’occupation et rétrocéder nos terres. Il faut bien avouer qu’en échange du report du plan, certains pays arabes ont proposé une normalisation de leurs relations avec Israël.
 
Pour finir, l'éditorialiste de Rai al-Youm conclut que la stratégie d’annexion en Cisjordanie soutenue par les États-Unis pourrait conduire les Palestiniens à des mesures contre l’occupation et à la rupture de la coopération en matière de sécurité.
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