8:01 - August 26, 2020
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Téhéran(IQNA)-Un Afro-américain de 29 ans, Jacob Blake, est « paralysé », a expliqué son avocat, mardi. Sa famille a décidé de porter plainte au civil.
Une nouvelle fois, une famille afro-américaine ordinaire s’est retrouvée, mardi 25 août, dans une situation extraordinaire, s’exprimant devant la presse et le pays pour demander justice. « Mon fils se bat pour sa vie », a commencé la mère de Jacob Blake, un Afro-Américain de 29 ans grièvement blessé dimanche par des tirs policiers à Kenosha (Wisconsin), avant d’appeler au calme. « Si Jacob savait ce qu’il se passe, la violence et la destruction, il serait très mécontent (…) Nous avons besoin de guérir, a déclaré, émue, Julia Jackson, lors d’une conférence de presse. Comment en est-on arrivé à se haïr autant ? Prions pour notre pays, nous sommes les Etats-Unis. »
 
Comme pour George Floyd, mort en mai sous le genou d’un policier à Minnéapolis, la tentative d’interpellation de Jacob Blake a été filmée par un témoin. Les images montrent le jeune Afro-Américain suivi par deux policiers ayant dégainé leurs armes alors qu’il contourne une voiture.
 
Un agent attrape son débardeur blanc au moment où il ouvre la portière et tente de s’installer sur le siège conducteur. Le policier fait alors feu – l’enregistrement laisse entendre sept tirs –, atteignant ce père de famille de plusieurs balles dans le dos.
 
« Le diagnostic médical pour le moment est qu’il est paralysé », a affirmé l’avocat de la famille de M. Blake, Ben Crump. Il a subi de « graves dommages corporels, dont une section de la moelle épinière », ses reins et son foie ont été endommagés et ses blessures ont nécessité « l’ablation d’une partie de l’intestin », a précisé l’avocat Patrick Salvi, lui aussi sur le dossier.
 
Des rassemblements dans plusieurs villes américaines
La famille de Jacob Blake va porter plainte au civil, a-t-il annoncé. L’une des sœurs de Jacob Blake, Letetra Widman, a aussi réagi au drame, s’exprimant avec force, soucieuse de faire passer un message politique allant bien au-delà du cas tragique de son frère : « Des gens m’ont contactée pour me dire combien ils étaient désolés que cela arrive à ma famille. Mais ce genre de choses arrive à ma famille depuis très longtemps. »
 
Et la jeune femme de citer les noms d’Afro-Américains victimes du racisme ou tués par la police depuis des décennies. « Je ne suis pas triste, je ne suis pas désolée, je suis en colère et fatiguée », a t-elle aussi déclaré, reprenant les mots souvent entendus dans les manifestations contre les violences policières qui ont suivi la mort de George Floyd. « Je ne veux pas de votre pitié ; je veux des changements », a-t-elle conclu, avec la même détermination.
 
Prenant la parole après le pasteur qui venait de conduire une prière pour la guérison du blessé, le père du jeune homme a lui récité une prière musulmane et insisté : « Mon fils est un être humain, mon fils compte. »
 
« Problème national »
Les avocats ont par ailleurs annoncé qu’ils se rendraient à Washington vendredi pour rejoindre la vaste marche contre les violences policières organisée le jour de l’anniversaire du célèbre discours de Martin Luther King, « I have a dream » (J’ai un rêve). « La brutalité policière n’est pas un problème local, c’est un problème national », a plaidé un autre avocat de la famille, Avery Lamar.
 
Kenosha, Minneapolis, New York ou Portland, plusieurs villes américaines sont devenues depuis deux jours le théâtre de rassemblements parfois violents, des milliers de personnes exigeant que justice soit faite pour Jacob Blake.
 
Des grilles en fer avaient été installées mardi pour éviter les débordements de la veille. « Ce que nous avons vu ces deux dernières nuits et de nombreux soirs cette année est l’expression de la douleur, l’angoisse et l’épuisement d’être Noir dans notre Etat et notre pays », a estimé mardi le gouverneur démocrate du Wisconsin, Tony Evers. Il a réitéré ses appels à des manifestations pacifiques et annoncé que des soldats supplémentaires de la Garde nationale seraient envoyés sur place en renfort.
 
Le président Donald Trump, qui ne s’était pas encore exprimé sur le sujet, a justement exhorté mardi soir sur Twitter le gouverneur à faire appel à la Garde nationale. « Elle est prête, volontaire et plus que capable. Réglez RAPIDEMENT le problème ! », a écrit le milliardaire républicain, qui a fait de « la loi et l’ordre » l’un des thèmes de sa campagne de réélection pour la présidentielle du 3 novembre.
 
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