8:25 - September 28, 2020
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Téhéran(IQNA)-Une étude scientifique publiée par la célèbre revue International Journal of Environmental Research and Public Health, montre les effets désastreux sur les enfants de Gaza, en termes de développement et de malformations, des armes de destruction massive utilisées par l’armée israélienne contre une population civile sans défense.

Cette étude publiée le 14 septembre dernier porte sur les conséquences des résidus d’armes en métal lourd sur la santé des enfants de Gaza. Elle a suivi une cohorte de nouveau-nés de 2011 à 2019, et montre que la présence de ces restes de métaux toxiques est tératogène et cancérigène.

« La prévalence des bébés atteints de malformations congénitales a augmenté à Gaza depuis le début des attaques aériennes suite au retrait de l’armée d’occupation israélienne et de leurs colons en 2005 [17]; la santé à la naissance a continué de diminuer à la suite des trois grandes agressions militaires (2008-2009, 2012 et 2014), enregistrant une augmentation des naissances prématurées et des malformations congénitales associées à la contamination par les métaux lourds des femmes enceintes et à une contamination spécifique in utero du nouveau-né a été documentée », écrivent les auteurs de cette publication.

On savait déjà qu’Israël teste sur des êtres humains toutes ses nouvelles armes, y compris bombes au phosphore et à l’uranium durant ses attaques massives sur Gaza de 2008, 2012 et 2014. Mais on connait désormais, grâce à cette étude plusieurs de leurs conséquences au long cours.

Ces chercheurs ont analysé :

-la persistance de la contamination par les métaux lourds dans les cheveux des nouveau-nés dans quatre cohortes à travers le temps à Gaza,
-l’évolution de la contamination des mères et des nourrissons par les métaux lourds de la naissance à la petite enfance;
-et l’impact de la contamination par les métaux lourds sur la croissance et le développement des nourrissons et des tout-petits.


Les cheveux des nouveau-nés ont été analysés pour douze métaux lourds par spectrométrie de masse dans des cohortes recrutées à l’accouchement en 2011, 2015, 2016 et 2018-2019. Dans la cohorte de 2015, des échantillons de cheveux des mères ont été prélevés à l’accouchement, et les cheveux des tout-petits et des mères ont également été analysés 18 mois plus tard.

Il est montré que les nouveau-nés de Gaza ont absorbé des quantités significatives de métaux in utero tout au long de l’après-guerre, de 2011 à 2019, qui ont influencé négativement leur croissance. « D’autres études avaient précédemment prouvé que la croissance des enfants de Gaza a été sérieusement entravée par les sérieuses restrictions de marchandises imposées par le blocus israélien ».

« Nous montrons ici qu’en 2016, la prévalence de l’insuffisance pondérale et du retard de croissance était plus élevée que ce qui avait été signalé précédemment. » écrivent ces chercheurs.

« Le pourcentage élevé de poids inférieur à la norme (2SD) pour l’âge et la taille a montré une population encore plus déséquilibrée qu’à 6 mois, avec une prévalence plus élevée d’insuffisance pondérale (33,1%) et de retard de croissance (33,9%); 26,4% des tout-petits avaient un poids / taille inférieur à la moyenne, c’est-à-dire émaciation; la circonférence de la tête était également inférieure à la norme chez 35,5% des tout-petits », indiquent les auteurs.

« La charge de métaux dans les cheveux des 79 mères étudiées s’est avérée similaire au niveau qu’elles avaient à l’accouchement, à l’exception d’un niveau inférieur de baryum et d’un niveau plus élevé pour le cadmium et le titane (tableau 4, colonnes en A). La charge en métaux des 69 tout-petits était significativement plus élevée pour tous les métaux que le niveau qu’ils avaient acquis in utero (tableau 4, colonnes en B), ce qui correspond à leur exposition à l’environnement, à l’exception du molybdène. Pour tous les métaux, la contamination des tout-petits était moins importante que celle de leurs mères, mais leur charge en sélénium et en arsenic était plus élevée et le molybdène similaire à celui des mères. »

Le Retard de Croissance In Utero (RCIU) est une des complications majeures rencontrées au cours des grossesses. Il peut être causé comme c’est le cas à Gaza par les pénuries alimentaires, des régimes carencés, l’exposition à des substances nocives au moment de la conception et au cours de la grossesse, comme les métaux lourds. Alors que ce RCIU se manifeste dans une proportion extrême à Gaza touchant un tiers des naissances, il faut rappeler qu’il s’associe à des complications respiratoires, digestives et neurologiques accrues à la naissance et qu’il implique une augmentation du risque métabolique (diabète, obésité, maladies cardiovasculaires) à l’âge adulte. Les prélèvements réalisés chez les femmes enceintes et les nouveau-nés à la naissance et à 18 mois témoignent de la présence en quantité alarmante de métaux lourds (dont des éléments radioactifs) tels que le Baryum, le Cadmium, le Molybdène, l’arsenic ou le titane. L’exposition chronique de populations fragiles comme les fœtus, nourrissons, enfants en croissance, femmes enceintes et personnes âgées à ces substances toxiques est à l’origine d’atteintes graves à la santé. Il s’agit d’un crime d’un cynisme sans nom dénoncé par les auteurs de cet article.

oumma

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