10:57 - November 08, 2020
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Téhéran(IQNA)-La terre de l'Abyssinie ou de l'Éthiopie actuelle, a été en contact étroit avec l'islam et les musulmans, depuis le début, en raison de sa proximité avec la péninsule arabique et la ville sainte de La Mecque.

Après la première migration de quatorze musulmans, le second groupe, dirigé par Ja'far ibn Abi Talib, s'est rendu en Abyssinie et a été accueilli par l'empereur d'Abyssinie Najashi dans la ville d'Axoum. Ce voyage eut lieu au septième mois de la cinquième année de l’hégire, et Najashi refusa de les remettre aux envoyés Qurayshites.

La propagation de l'islam en Éthiopie, s'est poursuivie au cours des siècles suivants, les musulmans établissant des cités-États indépendantes à l'est du plateau éthiopien aux XVe et XVIIe siècles.

اسلام در اتیوپی از ظلم تاریخی در قاره سیاه تا خروج از انزوا

Avec le départ de l'Italie d'Ethiopie en 1941, et le retour de Haile Selassie (le dernier empereur éthiopien et le dernier roi d'Abyssinie) sur le trône, une nouvelle vague de persécution musulmane a commencé. Les adeptes de l'islam ont été qualifiés de traîtres et de complices de l'ennemi, et certains dirigeants musulmans ont été emprisonnés pour avoir collaboré avec les occupants. Cependant, le roi d'Ethiopie a cherché à apaiser les musulmans et afin de maintenir l'unité nationale, a pris des mesures pour satisfaire les musulmans en apparence. L'une de ces mesures était la création des tribunaux islamiques pour traiter les demandes juridiques dans les domaines du mariage, du divorce, de l'héritage et de la dotation des musulmans. Le gouvernement a également accordé certaines libertés aux activités religieuses musulmanes dans la communauté musulmane.

Malgré ces actions apparentes, les restrictions qui avaient longtemps été imposées aux musulmans étaient de nouveau à l'ordre du jour du gouvernement. Par ordre du roi, les dispositions relatives aux musulmans ont été supprimées du Code civil de 1960, et bien qu'un projet de loi civile préparé sans consultation musulmane, comprenait un chapitre sur les dispositions du Code musulman, ce chapitre a été supprimé au moment de la publication du Code civil. Le gouvernement a également imposé de sévères restrictions au pèlerinage musulman du Hadj, empêchant certains dirigeants musulmans influents comme le Mufti Siraj, le Mufti Mohammad Aman et le Cheikh Mohammad Sadegh, de voyager à l'étranger, interdisant l'utilisation de l'arabe dans les écoles publiques et la création des écoles islamiques, et interdisant les fêtes musulmanes et religieuses.

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Après le déploiement de l'armée dans le pays, les musulmans ont sérieusement exigé un changement et exprimé leur colère et leur mécontentement lors des manifestations massives du 20 avril 1974. Lors de ces manifestations, les musulmans ont formulé 13 revendications et l'armée a répondu aux demandes des musulmans de manière rationnelle. Après des réunions entre les dirigeants et les dirigeants musulmans, le gouvernement a fourni des installations aux communautés islamiques éthiopiennes. L'un des résultats de ces réunions a été la dissolution du comité qui dirigeait les deux grandes mosquées d'Addis-Abeba, à savoir les mosquées d'Anwar et Noor (Bani Safar), depuis la monarchie. Le 22 septembre 1975, le Conseil militaire provisoire du pays a annoncé qu'il autorisait les fêtes religieuses et nationales pour les chrétiens et les musulmans, et pour la première fois, l'Aïd al-Adha (Eid al-Adha) fut considérée comme un jour férié. L'anniversaire de la naissance du Prophète de l'Islam (as) a été déclaré pour la première fois, jour férié, dans tout le pays, le 24 mars 1975, et des conditions plus favorables ont été créées pour que les musulmans se rendent en Arabie saoudite pendant la saison du Hadj. La nomination de musulmans à des postes élevés au gouvernement, à des missions diplomatiques et dans l'armée, était également à l'ordre du jour du Conseil militaire de Drag tandis qu’à l’époque de la monarchie, il n'y avait pas un seul ministre musulman dans le gouvernement, et sur 138 hauts postes du gouvernement, seuls six étaient détenus par des musulmans. Mohammad Abdul Rahman a été nommé au ministère du Commerce, de l'Industrie et du Tourisme, le capitaine Hassan Saeed est devenu directeur de la Compagnie maritime éthiopienne, Yousef Ahmed est devenu ministre des routes et des transports, et Hossein Ismail est devenu ministre de l'Éducation. Quatre musulmans ont également été élus membres permanents du Comité central du Parti des travailleurs éthiopiens.

Les musulmans éthiopiens ont également joué un rôle important dans l'économie du pays. En décembre 1974, un Comité musulman de lutte contre la famine a été créé et en janvier 1975, les musulmans éthiopiens ont fait don d'une somme d'argent importante aux victimes de la famine de cette année-là. Les dirigeants musulmans se sont également rendus dans certains pays islamiques, pour collecter des fonds. En 1981, une délégation de dirigeants chrétiens et musulmans éthiopiens a assisté à une conférence religieuse à Moscou.

Malgré ces mesures, la politique anti islamique du Conseil militaire intérimaire et du gouvernement du Premier ministre éthiopien de l'époque, le colonel Haile Mariam, est devenue progressivement plus sensible. Au cours de l’année scolaire 1976-1975, l’Association islamique des étudiants musulmans de l’Université d’Addis-Abeba, qui avait été créée peu de temps auparavant, a été fermée sur ordre direct du Ministre de l’intérieur. Des demandes de reconnaissance officielle d’organisations islamiques ont également été rejetées pendant cette période, en raison des pressions de l'Église.
Après le renversement du gouvernement de Haile Mariam et la création d'un espace politique ouvert en Éthiopie, des changements ont eu lieu dans la situation des musulmans et leur participation aux affaires politiques, économiques, culturelles et sociales du pays.

Conformément à la politique du nouveau gouvernement révolutionnaire, certains musulmans qui étaient considérés comme des membres du parti du Front révolutionnaire populaire éthiopien, ont occupé des postes et des responsabilités élevées, et certaines restrictions qui leur avaient été imposées sous le régime militaire, ont pris fin.

La Création de publications islamiques, la diffusion de programmes islamiques sur les réseaux de radio et de télévision nationaux, la création d'organisations et d'institutions islamiques et leur enregistrement au ministère de l'Intérieur, l’établissement de relations avec les organisations islamiques internationales et l’obtention d'aides et d'assistance grâce à l'Organisation de la coopération islamique, ont été les actions les plus importantes du gouvernement éthiopien en faveur des musulmans.

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Le gouvernement éthiopien a également créé le Conseil suprême éthiopien des affaires islamiques, reconnaissant cette organisation comme la plus haute organisation islamique du pays, et répondant ainsi aux défis de diverses organisations et groupes islamiques qui voulaient prendre le pouvoir dans la communauté islamique. En septembre 1991, une refonte majeure de l'Assemblée islamique suprême éthiopienne a commencé et au cours des trois dernières décennies, les musulmans ont acquis une position favorable en termes de droits de citoyenneté.

La nouvelle constitution éthiopienne prévoit également la création des tribunaux islamiques, le statut des centres islamiques, l’enseignement de l’arabe et l'égalité des religions, la reconnaissance des fêtes religieuses musulmanes.

Cependant les ingérences du gouvernement dans les affaires intérieures de l'Assemblée islamique suprême éthiopienne, ont créé d'intenses tensions entre la communauté islamique et le gouvernement ces dernières années. Lors des manifestations qui ont eu lieu à plusieurs reprises entre 2010 et 2017, les musulmans ont exigé la libération de leurs prisonniers, y compris des universitaires et dirigeants musulmans, et ont accusé le gouvernement de supprimer les libertés individuelles et sociales des musulmans sous prétexte de lutter contre le terrorisme. Les restrictions sur le cyberespace au cours de la dernière décennie, et depuis le début du mouvement d'éveil islamique en Afrique du Nord, sont d'autres mesures prises par le gouvernement contre les musulmans éthiopiens, les responsables gouvernementaux affirmant que les adeptes de l'islam en Égypte, en Tunisie et en Libye, cherchent à renverser le gouvernement.

Depuis 2018, avec la nomination du Premier ministre Abi Ahmad Ali, la situation des musulmans s'est améliorée et plusieurs ministres musulmans ont été nommés dans son cabinet. En 2019, le Conseil suprême des affaires islamiques d'Éthiopie a annoncé l'adoption d'une déclaration leur accordant la personnalité juridique, affirmant que les efforts consentis par les musulmans éthiopiens depuis plus de six décennies avaient porté leurs fruits.

Un autre bon évènement qu’a connu la communauté musulmane éthiopienne au cours des deux dernières années, a été la création de banques islamiques sans intérêts, comme les banques Hijra et Zamzam, première institution bancaire islamique pleinement reconnue en Éthiopie, qui, avec le consentement du Premier ministre Abi Ahmed, a reçu une licence de la Banque centrale éthiopienne et a commencé des opérations bancaires islamiques à part entière.

Bien sûr, les institutions du secteur bancaire éthiopien fournissaient déjà des services bancaires sans intérêts à leurs clients depuis 2011, mais jusqu'à présent, aucune banque n'avait été autorisée à devenir une banque entièrement islamique.
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