10:59 - November 22, 2020
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Téhéran(IQNA)-« Aujourd'hui, la plupart des universitaires et des chercheurs considèrent la philosophie comme une profession à la mode et ont détruit l'esprit de la philosophie », a déclaré le chef du Centre de Beyrouth pour l'éducation philosophique.
L'UNESCO a désigné le 21 novembre « Journée mondiale de la philosophie » avec l'idée que la philosophie peut jouer un rôle important dans le bien-être humain, s'attaquer aux problèmes et promouvoir la paix. 
 
A cette occasion, l'Agence iranienne de presse coranique (IQNA), a eu une conversation avec le Cheikh Shafiq Jaradi, directeur du Centre de Beyrouth pour l'éducation philosophique, qui a déclaré :
« Nous devons d'abord savoir ce que l'on entend par philosophie parce qu'il n'y a pas d'approche et de perspective unique pour définir le concept de philosophie et ses objectifs. Certains croient que la philosophie est une réponse rationnelle aux questions et aux problèmes. Il existe une autre approche qui considère la dimension métaphysique de la philosophie et examine les nécessités de l'existence, et traite des lois de l'existence. La foi, la connaissance et la croyance en cette dimension de la philosophie, nous placent devant plusieurs voies et politiques qui sortent du cadre de la philosophie. Il existe un autre type de philosophie qui cherche à guérir l'anxiété humaine, fondée sur l'expérience psychologique, intellectuelle et cognitive, spécifique à une certaine personne ou à un certain groupe. Donc, dans la définition des buts de la philosophie, nous assistons à une multiplicité et à une diversité, mais dans la définition récente, c'est l’individu qui a besoin de la philosophie. En fait, selon le point de vue occidental, la philosophie est une des nécessités de la vie, comme si c'était cette philosophie qui traçait la voie et la politique du pouvoir et du gouvernement, fondée sur l'intérêt personnel, la force et le pouvoir, ou peut-être, sur le conflit pour la survie du plus apte ou du plus fort. Les philosophes occidentaux ont soulevé la question de la modernité afin qu'elle puisse devenir un modèle au-delà du pouvoir de l'Église et du pouvoir de la divinité. Avec les concepts de l'église, ils ont rejeté les concepts et les croyances de toutes les religions, et ont renversé tous les concepts métaphysiques, les idées et les points de vue de l'Eglise sur la divinité. Ils ont donc commencé à construire une collection d'écoles qui se reflétaient dans la culture et l'art. Les écoles qui ont prêté attention à la peinture, au théâtre et à la poésie, et ont joué un rôle majeur dans leur diffusion en Occident, et un certain nombre de grands penseurs, ont détruit les croyances de l'église et le concept de divinité, et instauré l'époque de l'intellectualisme et de la raison.
 
Dans cet élément, le modernisme a décrit une gamme de mouvements culturels enracinés dans les changements de la société occidentale, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, et une collection de mouvements artistiques, architecturaux, musicaux et littéraires. À l'époque de la modernité, de nouvelles découvertes ont été faites et de nouvelles sciences ont dominé la vie humaine, au point que ces sciences ont pris possession des peuples et ont dominé leur intellect. Aujourd’hui, nous avons affaire à une philosophie qui se sent supérieure au monde et qui n'a plus besoin des grandes approches de philosophes comme Descartes et Hegel. Aujourd'hui, nous parlons de « philosophies situationnelles » qui apportent des solutions à des questions spécifiques dans des cadres spécifiques.  
 
Si l'héritage de la philosophie islamique d'Ibn Sina, Farabi et Mulla Sadra est significatif pour nous, en fait, il existe deux voies philosophiques dans le monde islamique. La première est la philosophie de Farabi qui allie sagesse et philosophie, celle d’Avicenne dans son précieux ouvrage « Al-Isharat wa’l-tanbihat » en arabe, qui allie logique et philosophie, sans oublier Mulla Sadra, Ibn Arabi considéré comme le pivot de la pensée métaphysique de l'islam, Al Qûnawî et les autres élèves d’Ibn Arabi. Mais aujourd'hui, malheureusement, ce type de philosophie est abordé de manière pédagogique sans aucun regard critique. 
روح فلسفه در بیشتر دانشگاه‌های غربی به مسلخ رفته است
 
La seconde branche est celle du déni de la philosophie islamique, basé sur la philosophie rationnelle pure avec Ibn Rushd qui s'est opposé à Avicenne. La base de la pensée d'Ibn Rushd est le respect de la raison et le rejet du soufisme. Cette pensée est également observée chez certains mu'tazilites, de sorte que le monde islamique a vu apparaitre deux groupes de philosophes, « orientaux » avec Ibn Arabi, Mulla Sadra, Farabi et Ibn Sina, et « occidentaux » avec Ibn Rushd et Ibn Khaldun. 
 
Je crois que la raison philosophique doit dépasser les frontières géographiques et que le cours de philosophie ne doit pas dépendre des directions géographiques de l’Est ou de l’Ouest.  Nous avons besoin aujourd’hui, d’un « ijtihad philosophique ».  Parmi les plus grandes personnalités qui ont tenté d'élargir cette approche philosophique de la jurisprudence, nous avons deux penseurs contemporains, l’Allameh Tabatabai et l’imam Khomeiny. 
 
Si la philosophie occidentale ne fait pas attention à la révélation parce qu'elle veut mettre l'homme à la place de Dieu, notre chemin à nous est différent. La philosophie occidentale est une philosophie sans âme c’est-à-dire une philosophie sans vie ».
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